Le merveilleux site d’Achaivou transformé en… territoire des morts

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Cédant à la forte pression, l’APC s’est lancée dans une extension débridée en cédant à chacun des villages Ighil Hamad, Vieux Saharidj, Aggach, Ath Oualbane et Ath Ali Outhmim, une parcelle de terrain pour en faire des cimetières

Achaivou est un paradisiaque enchaînement de hautes collines situées entre les villes de Saharidj et M’Chedallah qu’elles embellissent d’un merveilleux panorama verdoyant décoré par la RN30 modernisée, qui serpente entre ces collines tel un ruban artistiquement brodé ; le tout bien dégagé et dessinant distinctement dans le ciel une vue d’une rare beauté. C’est ce site de mille et une nuit qu’on a choisi pour en faire un… territoire des morts, en aménageant pas moins de 5 cimetières, sans lésiner sur les surfaces de 8 hectares environ pour une population estimée a peine a 12 000 âmes, comme si nos élus prévoyaient un tsunami de la même intensité que celui qui a frappé dernièrement le japon. Tout a commencé quand en 2005 l’APC a fait une demande pour l’acquisition d’un terrain pour un cimetière, une demande qui a reçu un avis favorable dont la décision précise qu’il s’agit d’un cimetière communal de 2,1/2 hectares, une surface calculée en fonction du nombre d’habitants. Seulement, ce premier terrain a été cédé à un seul village Ighil Hamad. Les citoyens de ce village se sont empressés de le défricher et le clôturer, ce qui provoquera un branle-bas de combat des autres villages, qui réclamèrent chacun une parcelle pour aménager son propre cimetière. Cédant à la forte pression, l’APC s’est lancée dans une extension débridée en cédant à chacun d’eux une surface grignotant sur les terrains relevant des forets. C’est ainsi qu’en plus d’Ighil Hamad, les villages, vieux Saharidj, Aggach, Ath Oualbane et Ath Ali Outhmim ont eu chacun leur cimetière qu’ils ont aussitôt commencé à aménager. Cela au moment ou l’APC se débat dans un insoluble problème de foncier, pour la réalisation de projets de développement et l’extension de son propre chef-lieu, implanté à proximité de ce site. Ironie du sort : en procédant au décapage d’un terrain toujours au même endroit, dont l’assiette devrait servir de stade communal, l’engin des travaux public est tombé sur un ancien … cimetière, appartenant à la tribu Ath Salah, qui a quitté la région au XVIIe siècle. L’engin a ramené en surface pas moins de 42 tombes intactes avec les squelettes bien conservés. Avisée, cette tribu installée à Bouzeguene dans la wilaya de Tizi-ouzou a immédiatement réagi pour protéger les restes de ses ancêtres, s’opposant en toute logique à ce que le reste du cimetière épargné par l’engin ne soit touché. Ce qui nous donne un cimetière supplémentaire sur le site Achaivou et ce n’est pas fini. Du côté sud, la partie incluse dans la commune de M’chedallah a bénéficié de deux ….cimetières, l’un appartenant au village Imesdhourar aménagé au pied d’Achaivou au lieudit Thala Bouatas, et le 2e au village Ivelvaren, à Ighil Guehia, achevant ainsi de transformer définitivement Achaivou en territoires des morts aux dépends des vivants de la région, qui voient leur échapper des projets d’utilité publique par manque du foncier. Un état de fait qui a provoqué la grogne parmi des citoyens issus des villages mêmes qui ont bénéficié des parcelles qui ont contribué malgré eux à Thachemlith (Thiwizi), un rite ancestral sacré. Le ver sur le fruit pourri reste cependant l’aménagement de la décharge publique qui côtoie étroitement ces cimetières et à moins de 300 m d’un lycée, d’un CFPA et du siège de l’APC. N’est-il pas encore temps de penser a réduire les surfaces exagérées de cette série de cimetières qui, hormis celle d’Ighil Hamad qui a commencé depuis 5 ans à recevoir les morts ? Le reste relevant de la commune de Saharidj est toujours au stade de défrichement et la pose de quelques clôtures. Rien n’est donc encore perdu pour récupérer une bonne partie de ces surfaces et réduire ce révoltant gaspillage, sachant que parmi ceux qui ont bénéficié de ces terrains, figurent ceux qui n’ont nul besoin de cimetières, sachant que dans la plupart des villages en plus du cimetière commun traditionnel, chaque famille a aménagé son propre lieu de repos éternel. Ces citoyens ont formulé la demande d’une parcelle à Achaivou pour faire comme les autres. Rien n’est encore trop tard pour les sensibiliser et les persuader de renoncer a leur… part d’Achaivou, c’est une question de communication et de savoir faire.

Oulaid Soualah

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