" Notre marché n’a pas pu évoluer vers le chèque "

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Pour le président du Forum des chefs d’entreprises, Rédha Hamiani, la décision d’émettre un nouveau billet d’une valeur de 2.000 dinars, est, en réalité “un constat d’échec’’ d’une restructuration de notre masse monétaire et de la façon dont on organise les flux d’échanges.

Dans tous les pays, il y a le virement, le chèque, le crédit et il y a la masse fudiciaire, ce qu’on appelle les espèces. “Malheureusement, on arrive pas à faire évoluer notre masse monétaire vers ce que les économistes appellent la monnaie scripturale, c’est-à-dire sur le papier, sur les livres. On est encore attaché pour des questions de culture, pour des questions de facilité et de marché informel, qui a une lourde responsabilité dans cette emprise de la masse monétaire importante, donc notre façon d’organiser notre économie dans la relation entre les moyens monétaires et la production est caractérisée à hauteur de 60 %, peut être plus de billets’’, a-t-il expliqué.

A la question de savoir si l’intérêt dans ce cas là ne réside pas dans l’émission de billet de grande valeur ? Notre interlocuteur souligne qu’effectivement, de ce point de vue ‘’vaut mieux avoir des billets en coupures de 2.000 dinars. Mais d’un autre côté aussi ça consacre la perte de valeur de notre monnaie, qui à cause de l’inflation, de la parité du dinar, qui a évolué sur de longues périodes en perdant beaucoup de sa substance, en raison de l’augmentation de l’euro et du dollar’’.

Ainsi, cette émission du billet de 2.000 dinars, préoccupe les acteurs économiques, parce qu’elle consacre un décalage important dans la production d’une masse monétaire qui va en augmentation. Il faut reconnaître que c’est aussi un souci de simplification, qui malheureusement, fait que ‘’notre marché n’a pas pu évoluer vers le chèque, donc en attendant, on donne la possibilité au citoyen de pouvoir s’acquitter de certains gros montants avec des billets d’une grande valeur. C’est préoccupant, il faut surveiller de près cette politique de mettre sur le marché des coupures de valeur de plus en plus forte’’, a-t-il mis en garde.

H.N.

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