Akbou Des hectares de terre fertile sacrifiés au profit du bâtiment – Le béton menace le foncier agricole

L’avancée inexorable du béton dans la ville d’Akbou et sa périphérie fait peser une sérieuse menace sur des centaines d’hectares de terre à haut potentiel agricole.

Des terres de parcours et des vergers arboricoles sont régulièrement sacrifiés pour en faire de nouveaux pôles urbains ou des cités résidentielles. Faisant l’objet d’une spéculation à outrance, le mètre carré de terrain se négocie à prix d’or. «Acquérir du foncier est devenu un investissement sûr, c’est pour cela que les prix, dopés par la raréfaction de l’offre, explosent», explique Hamid, qui tient boutique du côté de Taharacht. «Il y a à peine 20 ans, les abords de la RN 26 étaient quasi déserts. Aujourd’hui, les constructions sont en passe de faire la jonction entre la ville d’Akbou et la ZAC de Taharacht», se remémore notre interlocuteur, qui avoue lui-même avoir cédé aux sirènes de ce marché juteux. «De nos jours, beaucoup de gens n’hésitent aucunement à décapiter des figuiers ou des oliviers centenaires pour louer les terrains ainsi dénudés à des commerçants de matériaux de construction ou d’autres activités mercantiles», souligne Youcef, résident au quartier Sidi Ali surplombant la ville. L’extension du plan directeur d’aménagement urbain (PDAU), la création de nouveaux pôles urbains et la réalisation des projets immobiliers ou d’équipements publics, se font souvent au détriment du foncier agricole. Il en est, en tout cas, ainsi des projets de construction d’une unité républicaine de sécurité ou d’un centre pénitentiaire dont a bénéficié Akbou et dont la concrétisation est rendue possible depuis la promulgation des procédures qui gèrent les modalités de transfert des terres agricoles vers l’urbanisme. Ces deux projets ont nécessité la mobilisation d’une assiette foncière d’une dizaine d’hectares, défalquée du domaine privé de l’Etat faisant partie de l’exploitation agricole collective (EAC) n°8. «C’est un comité interministériel qui a statué sur la défalcation de ces terres», souligne le subdivisionnaire, suggérant que l’opération a été effectuée dans le respect des procédures légales.

N. Maouche