Au cahier culturel – Le documentaire sur le roi de Koukou méritait bien l’olivier d’or

Par Abdennour Abdesselam:

Entouré d’une dynamique équipe, Djamel Ait Iften, enseignant de profession, vient de réaliser un précieux documentaire autour du personnage du royaume de Koukou : Ahmed Oulqadi. La projection a eu lieu dans la salle de cinéma de la ville de Ain El Hammam (ex Michelet). Le documentaire a été dira le réalisateur, nominé au dernier festival du film amazigh qui s’est déroulé à Azeffoun. Par ses qualités techniques cinématographiques, sa rigueur scientifique, une panoplie de références et d’études historiques citées d’auteurs connus et reconnus et son objectivité qui laissent grandes ouvertes les portes à toutes interventions sur le personnage, le documentaire méritait bien la distinction suprême du festival. D’autant plus que le produit cinématographique pose les jalons d’une nouvelle didactique dans l’enseignement de l’histoire événementielle du pays. Le texte dit en voix en off par le talentueux Makhlouf dans une langue berbère de Kabylie courante et coulante, accompagné d’un sous-titrage en français, a davantage rehaussé la valeur du documentaire. Un film, un documentaire est toujours un hybride de son et de l’image. Les deux éléments ont été parfaitement exécutés. Le produit de Djamel n’a pas fait dans la complaisance. Il s’est écarté des sentiers battus de la manière tout aussi insupportable qu’inadmissible habituellement utilisée dans des réalisations opportunistes et obéissantes aux faits de la princesse. Bien mieux encore, il amorce des pistes éclairantes sur cette portion de notre histoire volontairement ignorée et surtout jamais consignée dans les manuels scolaires. Le documentaire rompt ainsi avec les clichés qui ont pendant longtemps consisté à tronquer l’histoire vraie pour la superposer et la cadrer sur les falsifications officielles. Etait-ce la raison ayant empêché que le documentaire ne soit sacré olivier d’or ? Tout porte à le croire. On s’explique mal un tel résultat regrettable. S’il est vrai que le paysage cinématographique du pays est depuis fort longtemps d’un niveau en dessous de la médiocrité force est de constater que justement ce documentaire se veut une rupture avec cette situation. De l’avis du public qui a assisté à la projection, le documentaire autour du personnage de Ahmed Oulqadi est un véritable modèle pour le renouveau cinématographique. Un spécialiste américain vient de donner une présentation du royaume de Koukou à l’université d’Oran et qui cadre parfaitement avec le produit de Djamel Ait Iften. Gageons que si ce même universitaire américain avait porté son étude à l’écran, il aurait été à coup sûr plébiscité au festival.

Abdennour Abdesselam

(kocilnour@yahoo. fr)