Bouira Le marché de l’emploi en question – Différentes formules pour atténuer le chômage

L’agence de wilaya de l’emploi, communément appelé l’AWEM, chapeaute cinq agences locales réparties à travers le territoire de la wilaya de Bouira. Ces agences sont chargées de l’inscription des demandeurs d’emploi, de la réception et de la collecte des offres d’emploi et peuvent également se charger des placements et des recrutements pour les organismes ayant formulé leurs offres.

Des offres qui trop souvent sont en deçà de la forte demande qui ne cesse d’être enregistrée. Les agences de l’emploi proposent différentes formules pour les employeurs ayant exprimé leurs besoins en main- d’œuvre, il s’agit du dispositif d’aide à l’insertion professionnelle ‘’ DAIP ‘’ installée et mis en application depuis la mi mai 2008. Un dispositif qui offre aux demandeurs d’emploi âgés entre 18 et 35 ans, n’ayant jamais travaillé et n’ayant jamais été déclaré à la sécurité sociale des opportunités d’insertion dans le monde du travail. Cette mesure présente également des avantages fiscaux et parafiscaux encourageant la relance notamment auprès des PME et PMI pour la création et la promotion de l’emploi. De ce fait, quatre types de contrat sont proposés aux demandeurs d’emploi. Il s’agit du contrat d’insertion des diplômés (CID), du contrat d’insertion professionnelle (CIP), du contrat de formation insertion (CFI) et enfin le contrat de travail aidé (CTA). Le CID est destiné aux demandeurs d’emploi titulaire d’un diplôme universitaire, TS, DUEA, DES, licences, Ingéniorat, doctorat…. . Le CIP quant à lui concerne les demandeurs d’emploi issus des centres de formation professionnelle, des centres d’apprentissage ou ayant atteint le niveau secondaire, tandis que le CFI a été crée pour la catégorie des demandeurs d’emploi sans qualification et sans formation. Le contrat de travail aidé est considéré comme une continuité des trois précédents car sensé être établi après les avoir consommé. Le dispositif d’aide à l’insertion professionnelle permet de multiples avantages accordés par l’ANEM aux employeurs qui recrutent dans ce cadre dont la prise en charge par l’Etat des salaires et de la cotisation à la sécurité sociale pendant douze mois. Par la suite, intervient une participation dégressive de l’Etat au salaire du poste occupé des candidats DAIP reconduits ou recrutés en contrat de travail aidé. Une contribution qui est versé trimestriellement au compte de l’entreprise, tandis que le complément du salaire brut par rapport au poste occupé ainsi que la déclaration sociale sont à la charge de l’employeur. La formation, le recyclage et le perfectionnement des candidats en vue d’une adaptation au poste de travail est pris en charge à hauteur de 60% du coût global si toutefois les employeurs concernés s’engagent à l’issue de la formation à les recruter pour une période minimale d’une année. La CNAS accorde également certains avantages tels des abattements au bénéfice des employeurs recrutant dans le cadre du DAIP. Par exemple, tout employeur qui embauche 09 salariés et plus et procède au doublement de ses effectifs, le taux de cotisation est réduit à 23%. Les employeurs bénéficient d’une exonération de la cotisation globale de la sécurité sociale au titre des travailleurs mis en formation ou en perfectionnement pendant toute la période de formation qui ne devra pas excéder un trimestre. Egalement l’employeur bénéficie d’une subvention mensuelle à l’emploi d’un montant de 1. 000 dinars pour chaque recrutement en CID. Des avantages fiscaux sont prévus pour les employeurs qui créent et qui maintiennent des emplois nouveaux en bénéficiant d’une réduction de l’impôt sur le revenu global (IRG) ou de l’impôt sur les bénéfices des sociétés selon le cas fixé à 50% du montant des salaires versés au titre des emplois créés. Une mesure qui s’applique pour une période de quatre années.

Bilan du premier trimestre 2011 : Engouement pour le DAIP

Rien que durant le premier trimestre de l’année en cours, et juste pour l’activité classique, pas moins de 13. 826 demandes d’emploi ont été enregistrées au niveau des Agences locales de l’Emploi des daïras de Bouira, Ain Bessem, Lakhdaria, Sour El Ghozlane, Mc’hedallah et Bordj Okhriss. Sur ce nombre impressionnant et face à 1. 659 offres d’emploi disponibles, seuls 1. 233 personnes ont été placées. A la lecture des statistiques de ce premier trimestre, il est fait état d’une nette progression de la demande d’emploi par rapport à la même période de l’année 2010. Un état de fait qui peut s’expliquer suite au discours du Président de la République , juste après les émeutes de janvier dernier. La régression des placements réalisés seraient du, selon les services de l’AWEM, au non retour des cartes réponses transmises auprès des organismes recruteurs. L’AWEM de Bouira précise par ailleurs que sur 993 offres d’emploi disponibles en fin d’année 2010, plus les 1. 659 offres reçues au cours du 1er trimestre 2011, pas moins de 2. 652 offres d’emploi ont été gérées et 1. 248 ont été satisfaites. Les 84 offres annulées l’ont été pour différentes causes, à savoir non retour de l’information, fin ou arrêt de chantier, sur demande de l’employeur ou d’autres raisons.

Concernant la formule DAIP et rien que pour le premier trimestre toujours, ce sont pas moins de 10. 278 demandes qui ont été formulées au niveau de l’AWEM. 5. 327 hommes et 4. 951 femmes ont en effet postulé pour les contrats de type CID, CIP et CFI disponibles auprès des ALEM des cinq daïras de la wilaya. Ainsi l’AWEM de Bouira a pu réalisé un total de 4. 622 placements dont 2. 693 placements dans les type de contrat CID, 1. 637 placements dans le CIP et 292 dans les CFI. A noter que 24 handicapés ont formulé des demandes d’emploi auprès de cet organisme et 04 d’entre eux ont réussi à être placés.

Les demandeurs d’emploi peu qualifiés en tête

En comparant la demande enregistrée durant ces quatre dernières années, force est de constater qu’en 2010, près de 29. 695 demandes d’emploi ont été enregistrées soit une légère progression de 03,22% par rapport à 2009 mais beaucoup moins accru qu’en 2008 où la demande avait atteint 37. 061 demandeurs. La tranche d’âge des demandeurs durant l’année écoulée se situe entre 30 et 49 ans. Une catégorie censée être stable dans leur vie professionnelle et qui représente 52,59% de la demande globale. En plus en s’attardant sur les chiffres fournis par l’AWEM, on s’aperçoit que le nombre de demandeurs peu ou pas qualifiés, et cela tout âge confondu, est très largement supérieur à celui des demandeurs d’emploi justifiant d’une formation ou d’une qualification.

Toujours des placements temporaires!

Les offres d’emploi reçues auprès de l’AWEM sont passés de 5. 514 durant l’année 2007 à 6. 676 en 2008 soit une progression de 21%. En 2009, un bond remarquable avec 8. 559 offres enregistrées soit 28% de plus. Toutefois force est de constater que cet engouement des employeurs n’a pas pu être maintenu en 2010 où seulement 6. 410 offres d’emploi ont été recensées. Une nette régression de 25%. Cela s’explique essentiellement par les fins de chantiers des entreprises étrangères comme celles intervenant dans la réalisation du tronçon de l’autoroute Est Ouest. Ces offres émanant du secteur privé étranger, notamment dans grands projets structurants ont réussi à absorber de façon conséquente, mais hélas temporaire, le chômage dans plusieurs régions de la wilaya. Cette précarité de l’emploi est d’ailleurs remarquée dans les statistiques des différentes ALEM de la wilaya où l’on retrouve près de 5. 272 placements temporaires sur les 5. 487 réalisés par cette agence courant 2010.

Pour l’activité DAIP et rien que pour l’année écoulée, les chiffres sont éloquents. Pas moins de 19. 628 demandeurs d’emploi se sont manifestés auprès des agences de l’emploi de la wilaya, 65% ont été inscrits au CID, 41% au CIP et 02% au CFI. Par contre les 8. 368 offres d’emplois collectés par ces mêmes agences étaient loin d’atteindre les espérances des postulants.

Les employeurs se débinent

Si les placements réalisés durant l’année 2010 sont en régression par rapport à ceux réalisés en 2009, cet état de fait s’explique par un recul des placements dans le type de contrats CFI auquel les entreprises préfèrent le recrutement dans cadre classique, la perte d’éligibilité de certains employeurs en raison de leur refus de reconduire ou de recruter 25% de l’effectif inséré dans le cadre du DAIP, et bien d’autres échappatoires que l’Etat devrait surveiller de plus près afin de permettre une pérennité dans le cadre de sa politique de recrutement. Il faut savoir qu’en terme de flux, les agences relevant de l’AWEM de Bouira reçoivent en moyenne 22. 701 usagers par mois qui viennent soit pour s’informer, ou pour s’enquérir des offres d’emploi disponibles.

L’AWEM de Bouira, des locaux trop exigus

Le bureau de main d’œuvre BMO anciennement appelé ONAMO dont l’activité s’exerçait jadis dans un petit bureau au niveau de la place du centre ville (1963,1964), a vu son siège transféré dans l’actuelle enceinte de l’AWEM en 1974. Dès lors l’ONAMO céda la place à l’agence locale de l’emploi ALEM. Les maintes évolutions que cette dernière a connues dans son schéma organisationnel a érigé l’agence de wilaya de l’emploi de Bouira qui compte aujourd’hui cinq agences locales de l’emploi à savoir Bouira, Lakhdaria, Ain Bessem, Sour El Ghozlane M’chedallah et Bordj Okhriss qui a ouvert récemment ses portes. De l’avis du directeur de l’AWEM, M Drici Said, l’agence devrait connaître une extension. Un aménagement horizontal et vertical. C’est toutefois ce qu’il nous a affirmé lorsque nous l’avons interrogé sur les centaines de personnes qui se pressent quotidiennement dans cet espace. Un espace qui ne permet même plus au personnel de cette institution de se mouvoir dans les couloirs pris d’assaut par les demandeurs d’emploi. Les files interminables, constatées chaque jour devant cet édifice, ne sont pas non plus pour plaire aux entrepreneurs et autres opérateurs économiques qui se rendent sur place pour offrir des emplois à l’agence. Et ils sont apparemment assez nombreux ces organismes rechignant à faire la chaîne à l’extérieur de l’AWEM, qu’il vente ou qu’il neige, dans le but d’offrir leurs services aux jeunes sans emploi. En pénétrant à l’intérieur de cette agence, force est de constater qu’il faut se marcher sur les pieds pour consulter les annonces des organismes employeurs. De plus l’ALEM et l’AWEM sont regroupés dans ce petit édifice ce qui rend plus compliqué la tâche pour les demandeurs d’emploi. A souligner que depuis l’intervention du premier magistrat du pays en février dernier, les demandeurs d’emploi se sont multipliés, si bien que chaque jour, les services de l’AWEM sont obligés d’avoir recours aux forces de l’ordre pour juguler le flux incessants de chômeurs qui s’y rendent quotidiennement. Les responsables de la wilaya devraient s’atteler dans les plus brefs délais à trouver des locaux plus spacieux et adéquat afin d’y recevoir en toute sérénité les milliers de citoyens qui n’ont que cette agence comme espoir.

Hafidh B.