l Le leader du MSP, Abou Djerra Soltani, a animé hier en fin d’après-midi à sa façon, un meeting à la salle IHC de Boumerdès. Attendu dans le cadre de la campagne pour le projet de charte portant sur la paix et la réconciliation nationale, il a plutôt assené des contre-vérités concernant le rapport des Algériens avec leur identité. Ce fut presque un remake de la politique intégriste ayant divisé la société entre croyants et mécréants, prélude aux années de feu et de sang, à partir de 1998. En tant que musulmans, notre langue ne peut être que l’arabe. Et il occultera ainsi, suite à cette démonstration directe, simpliste, la langue amazighe. Mais est-il vrai comme le prétend Abou Djerra, que les Perses (à titre d’exemple) ont adopté l’arabe comme langue nationale ? La réalité sociologique de l’Iran contredit, en tout cas, ses assertions. S’appuyant sur l’histoire revue et corrigée à sa manière, il assènera ensuite que tout projet de société, pour ce pays ne peut sortir du cadre arabo-islamique et des constantes nationales. Puis se déclarant démagogiquement assistant de chef de l’Etat, chargé d’expliciter en séance de travaux pratiques, ses coups théoriques, il ajoutera que seule la paix peut assurer le développement du pays. Et celui-ci deviendra (donc) dans quelques années le dragon de l’Afrique. Mieux encore, il fera partie du G-8. L’on retiendra que le jour du meeting, les militants locaux ont ramené des collégiens de villages voisins. Et Abou Djerra fut attendu jusqu’à 17h 45, pour prononcer un discours durant une heure.
Salim Haddou
