Les parkings sauvages au niveau de la wilaya de Bouira sont légion.
A chaque coin de rue, au moindre espace libre, les citoyens se retrouvent face à une pancarte avec la mention : Parking gardé. Cependant, la question qui vient à l’esprit de chaque citoyen vis-à-vis de ces affiches est : ces parkings sont-ils réellement gardés ? Et si c’est le cas, par qui ? En effet, ce n’est un secret pour personne, le chômage chronique de notre jeunesse pousse celle-ci au système D, c’est-à-dire, se débrouiller par n’importe quel moyen, une rente pécuniaire aussi maigre soit elle, pourvu qu’elle puisse couvrir le petit café du matin et la cigarette qui va avec. Et pour ce faire, tous les moyens sont bons, y compris «squatter» le moindre espace de stationnement, en décrétant ce dernier «zone sécurisée». A l’affût de tout automobiliste ayant l’intention de se garer à proximité de «leur territoire», au premier coup de frein à main, ces jeunes s’empressent de lui signifier que son véhicule est à l’abri de tout incident, en contrepartie d’une modique somme variant de 20 à 30 Da. Et gare à celui qui ose refuser de payer cette prestation de service imposée. A celui-là des injures et des menaces lui sont proférées, quant à sa voiture, au cas où il persiste à se garer à proximité elle sera désossée. A ce sujet, un citoyen qui a été victime de pareille mésaventure, confiera : «Un beau jour, en s’apprêtant à me garer près de l’immeuble où je réside, une bande de jeunes m’interpelle en me signifiant que je devais m’acquitter d’un ‘’abonnement’’ afin de me garer devant chez moi. Bien entendu, j’ai refusé. Car je ne vois vraiment par pourquoi, je devrais payer pour garer ma voiture devant chez moi, c’est absurde !». Et poursuivra : «Quelques temps après, un matin, en allant travailler, qu’elle ne fut ma stupéfaction de retrouver ma voiture amputée de pneus et de jantes et d’un poste radio. A ce moment précis, un des jeunes qui m’ont proposé leur ‘’protection’’ me lança d’un ton narquois : ‘’C’est ce qui arrive à celui ne prend pas ses précautions’’. Je vous le dis, ces jeunes sont une véritable Mafia !». Un autre témoignage plus éloquent sur le calvaire que vit la population en entamant une simple manœuvre de stationnement. Yasmine, jeune conductrice de 23 ans racontera : «En pénétrant à l’intérieur de ma voiture, après avoir terminé mes achats, j’aperçois un jeune homme qui venait vers moi, je baisse la vitre afin de savoir ce qu’il voulait, et là j’étais franchement étonnée de l’entendre me réclamer 30 Da en me disant que c’était un parking gardé et payant. Cependant, il n’y avait aucune affiche, aucune pancarte qui signalait cela». Et ajoutera : «Sur le coup, j’ai refusé de lui remettre cette somme, mais en le voyant s’agiter dans tous les sens, j’ai pris peur, je lui ai remis ce qu’il demandait et j’ai enclenché la 1re au quart de tour. Et tout cela, sous le regard désintéressé des agents de police postés à quelques mètres de là. C’est purement scandaleux !». En conclusion, il est évident que ces parkings sauvages s’apparentent beaucoup plus à du racket qu’à une prestation de gardiennage, et le tout couvert par le mutisme des autorités.
Ramdane B.

