Comme annoncé dans le calendrier des examens arrêté par le département de Benbouzid, les épreuves du brevet d’enseignement moyen débuteront aujourd’hui , et s’étaleront durant trois jours. A cet effet, dans la wilaya de Bouira, 11. 492 candidats ont d’ores et déjà reçu leurs convocations ,de son côté la direction de l’Education a mobilisé tous les moyens matériels et humains pour assurer un bon déroulement de l’examen. Cependant, il importe de souligner que le nombre de candidats sus cité ne passera pas les mêmes épreuves, et plus des deux tiers de cet effectif est dispensé de l’examen de tamazight. Cette dernière qui est à sa quatrième édition enregistre chaque année, un nombre relativement instable de candidats. La discontinuité dans le cursus scolaire constitue le facteur essentiel de cette situation qui fait que, même dans la région berbérophone où tamazight est enseignée, certains établissements n’engagent pas leurs élèves à l’examen de cette langue. Les directeurs avancent toujours comme argument la circulaire ministérielle qui stipule que seuls les élèves ayant étudié tamazight durant tout le cursus Moyen qui subiront ses épreuves au BEM. Il est clair que cette directive intervient dans l’intérêt de l’élève à même de ne pas le pénaliser, mais il n’en demeure pas moins que cela soit un instrument entre les mains des chefs d’établissements visant à freiner la généralisation de l’enseignement de tamazight. Les textes ne souffrent pourtant d’aucune ambiguïté et ce sont sûrement les prérogatives élargies accordées aux directeurs de collèges qui bloquent l’épanouissement de cette langue. Sinon, comment interpréter la dispense des élèves de cet examen alors que le cursus a été accompli ? Cela a été signalé par des enseignants de tamazight qui regrettent cet état de fait alors que des efforts ont été fournis des années durant. Le caractère facultatif ou optionnel caractérisant l’enseignement de tamazight demeure un handicap majeur quant à sa promotion et sa généralisation. A la région est de la wilaya, son enseignement est « obligatoire » de manière naturelle et culturelle. Mais au chef-lieu de la wilaya, le constat n’est pas identique, et particulièrement au primaire où les parents décident si leurs enfants suivront ou non les cours de tamazight. L’absence de cette langue à l’examen de fin de cycle primaire s’ajoute à la liste, déjà assez longue, d’inconvénients qui bloquent l’élan pris au début de son introduction dans le système éducatif algérien. Aujourd’hui, et pour assurer une prise en charge réelle et effective de cette question, une volonté politique est plus que nécessaire à même de lever toutes ces embûches et autres obstacles en renforçant son enseignement par l’ouverture de postes budgétaires afin de permettre ainsi à tamazight d’occuper la place qui lui revient.
Hafidh. B

