Tizi-ouzou La situation se corse à la cité universitaire Didouche Mourad – Quatre résidentes en grève de la faim depuis hier

Quatre résidentes du comité de jeunes filles de la cité universitaire Didouche Mourad (ex-ILE) à Tizi-ouzou, ont entamé depuis hier dimanche, une grève illimitée de la faim

La situation se corse au niveau de la résidence universitaire Didouche Mourad, où les résidentes semblent bien déterminées à en finir avec les mauvaises conditions qui priment au niveau de leur résidence, et qui sont, d’après elles, le résultat probant « d’une mauvaise gestion ».

Quitte à faire appel aux grand moyens. C’est le cas d’ailleurs, pour les quatre jeunes filles, membres du comité. Ces dernières ont entamé hier, une grève de la faim afin de se faire entendre. La première jeune fille qui a pris l’initiative de passer à cette extrême action, avant-hier samedi, ne tarda pas à être rejointe par trois autres membres du même comité.  » Nous ne voyons pas d’autres moyens pour faire réagir les responsables concernés », affirment-elles. Pour rappel, les membres de ce comité ont investi depuis le 25 mai dernier, les locaux du directeur des œuvres universitaires, situés au niveau de la cité M’Douha. Soutenues dans leurs actions par leurs acolytes du campus universitaire Hamlat, ces jeunes étudiantes occupent les lieux depuis maintenant près de quinze jours. En effet, ayant initié et mis à pied d’œuvre une plateforme de revendications le 24 mai, les jeunes étudiantes ont occupé les bureaux des œuvres universitaires afin de transmettre leurs doléances au directeur. Mais aussi exiger la garantie d’une prise en charge de ces dernières. Ne voyant rien venir, ces quatre jeunes résidantes ont décidé d’engager cette grève de la faim. Sur les lieux, à l’entrée de la résidence, une bannière sur laquelle ont pouvait lire « Talibat Mahgourat » (étudiantes méprisées) nous interpelle. Le constat est là. Une cité qui a pourtant les moyens de se revigorer, vu le nombre réduit de résidentes qu’elle accueille, ne dépassant pas quelques centaines, souffre d’insalubrité. Des déchets et autre détritus qui n’épargnent aucun endroit de la cité. Mais aussi, comme il est signifié dans la plateforme de revendications, l’insécurité qui y prévaut. Par ailleurs, ce qui sert de clôture entourant la cité peut facilement être « enjambé » par n’importe qui.

C’est sans doute pour cette raison que la construction d’un autre mur demeure le point essentiel dans la plateforme de revendications. Ce qui retiendra notre regard, ce sont les banderoles qui ornent la résidence sur lesquelles on peut lire : « Halte au pillage des biens des résidentes », « Directrice = mauvaise gestion = insécurité »,  » Résidentes unissons nos forces », « Directrice dégage ». Des slogans hostiles et engagés qui en disent long sur la détermination des jeunes filles. « La directrice nous méprise. Pour elle, nous sommes influencées par les autres travailleurs et que nous ne représentons que nous-mêmes. Alors que nous décidons au cours des assemblées générales que nous organisons au niveau de notre résidence et en présence des autres jeunes filles qui sont logées ici. Ceci au moment où nos revendications sont facilement vérifiables au niveau de notre cité », dira une jeune membre du même comité qui nous a accueillie, hier, au niveau de la cité ex-ILE. « Elle (la directrice) ne cesse de nous intimider afin que nous laissions tout tomber et arrêter de nous accrocher à nos convictions », ajoutera une autre. Par ailleurs, nous avons constaté que l’administration au sein de cette même structure a été gelée par les résidentes.

En effet, ces dernières ont procédé a sa fermeture depuis mercredi dernier, paralysant ainsi toute activité administrative. C’est ainsi qu’en plus du départ de la directrice et la construction de la clôture, leurs revendications portent sur le renforcement du personnel, entre agents de sécurité et femmes de ménage, ainsi qu’un infirmier de jour. Une amélioration de la qualité des produits alimentaires, un bureau pour la psychologue. Mais aussi, une ambulance pour la résidence ainsi que les équipements manquant à l’infirmerie. A. A, membre du comité et gréviste de la faim, soutient que leur résidence universitaire ne fait que « se dégrader de jour en jour ». « C’est simple, nous ne voulons ni négocier, ni revenir en arrière. Nos revendications sont simples, claires, et nettes. Elles sont portées dans notre plateforme de revendications », clamera une autre représentante. Avant d’ajouter « qu’à défaut, notre engagement continue. Et d’autres résidentes risquent de nous rejoindre dans notre mouvement de grève illimité de la faim ». D’autre part, l’idée d’une marche à travers les artères de la ville des Genêts, même si elle n’est pas confirmée, demeure une « éventualité à ne pas écarter », soutiennent-elles. A noter enfin, que le mouvement de protestation des jeunes résidentes a été entamé suite au drame survenu dernièrement au niveau de l’établissement et qui a coûté la vie à un employé père de famille, originaire de Larbaâ N’Ath Irathen.

T. Ch.