Béjaïa : Les postiers dans la rue

La mobilisation des postiers du chef-lieu de wilaya de Béjaia ne faiblit toujours pas. Hier, au moins 300 d’entre eux ont défilé dans les rues de Béjaia pour réitérer leurs revendications socioprofessionnelles

La procession des postiers s’est ébranlée dès les premières heures de la matinée à partir de la recette principale de Béjaia jusqu’à l‘agence de la rue de la Liberté.

« Nous allons maintenir notre mouvement de protestation jusqu’à l’aboutissement de notre plateforme de revendications « , indique le secrétaire général du Conseil syndical de wilaya de Béjaia. Un rassemblement a été également tenu sur le parvis de la Direction régionale d’Algérie Poste.

« Compte tenu de la conjoncture actuelle, les postières et postiers exigent la révision des salaires à hauteur de leurs attentes et réclament de la Direction générale d’honorer tous les engagements pris « , écrit le Conseil syndical de la wilaya de Béjaia dans une requête adressée au directeur général d’Algérie Poste.

Les doléances des postières et des postiers de la wilaya de Béjaia demeurent jusque-là lettre morte, selon un syndicaliste, qui rappelle que les doléances de postiers ont été maintes fois soulevées, mais, regrette-t-il, non encore satisfaites.

 » Les réponses apportées à notre plateforme de revendications sont évasives et floues  » a-t-il soutenu, en estimant que rien de concret n’a été apporté dans les réponses qui leur ont été fournies dans un premier temps par le directeur des Ressources humaines d’Algérie poste, puis par le ministère de tutelle. Des réponses à même, a-t-il poursuivi, de convaincre les travailleurs ne serait- ce que pour les efforts qu’ils déploient quotidiennement. Les postiers de Béjaia, à l’instar de ceux des autres régions du pays, revendiquent, entre autres,  » le paiement de la PRI et PRC, le paiement de la prime d’astreinte conformément à la convention collective avec effet rétroactif à compter du 01 janvier 2004, soit six années de rappel, la diffusion des consultations pour les postes des chefs de service marketing, moyens généraux et chefs de bureaux vacants, avancement de grade et d’échelon et le renforcement des effectifs au niveau des bureaux de poste.  »

Le Conseil syndical de la wilaya de Béjaia d’Algérie Poste estime que le cumul des problèmes est dû essentiellement à l’absence d’un syndicat national pouvant  » porter haut et fort les revendications des postiers  » de par le territoire national, d’où, préconise-t-il, la nécessité de sa création.

Conséquences de cette guéguerre syndicale ? Hormis les postiers de Béjaia ville, ceux exerçant au niveau des bureaux de poste des régions de la vallée de la Soummam et ceux des autres régions n’ont pas adhéré au mot d’ordre de grève du syndicat d’entreprise d’Algérie Poste.

L’exception amizourienne

Chaines indescriptibles devant le guichet de payement de la poste d’Amizour qui connait un afflux massif des abonnés du compte CCP venus retirés leur argent, surtout en ces moments de virement de salaires des fonctionnaires.

En file indienne devant le distributeur de billets, beaucoup ont dit être venus de loin, notamment de Béjaia ville, Sidi Aich et même de Jijel et Sétif jusqu’à cette agence qui s’avère l’une des rares à échapper au mot d’ordre de grève des postiers du pays.

Jusqu’à maintenant et en dépit de ce beau monde qui s’agglutine à chaque horaire d’ouverture, les guichets continuent à fonctionner dans la sérénité. “A mon arrivée, je ne croyais pas pouvoir arriver devant l’agent payeur en voyant cette chaine humaine’’ déclare une fonctionnaire qui n’a pu être servie qu’après deux heures d’attente.

Comme notre interlocutrice, nombreux étaient tout de même heureux de repartir avec leursbillets, mais ce n’est pas le cas pour certains qui sont rentrés bredouille en fin de journée.

Tazmalt sous pression

Par delà le mouvement de grève, les locaux abritant les services d’Algérie Poste et situés au cœur de la ville de Tazmalt, présentent une exigüité accrue, au point d’être épisodiquement submergés par l’afflux des usagers.

Les citoyens qui s’y rendent régulièrement pour retirer un mandat, effectuer un retrait d’argent ou affranchir un courrier, sont, la plupart du temps, astreints à une longue période de poireau avant de pouvoir accéder aux guichets.  » Le problème se donne à voir particulièrement en début de semaine et à l’occasion du virement des pensions de retraites et des salaires de la fonction publique « , fait remarquer un jeune père de famille, enseignant de son état.

Il n’est pas rare, nous confie-t-on, qu’une foire d’empoigne tourne à l’aigre. On se dispute les places, on s’échange des  » amabilités  » et on finit immanquablement à en arriver aux mains, surtout les jours de grande affluence.

Les prestations s’en ressentent fatalement. Même les agents de la poste sont durement pénalisés par cette situation. Il est vrai que l’envergure d’un centre urbain comme celui de Tazmalt, avec sa grande densité de population, a généré d’importants besoins en matière d’équipements publics. Ces derniers n’ont, tout bonnement, pas suivi la courbe ascendante empruntée par l’explosion démographique.

D. Saiche, N. Touati, N. Maouche