Alors que la prochaine production de l’olive s’annonce faible en raison de la faible pluviosité hivernale, le peu de grains d’espoir donnés par les oliviers sont tombés à terre, n’ayant pas résisté aux rafales de grêle et d’averses torrentielles accompagnant les orages assourdissants et les vents violents de mardi dernier après-midi. Après un mois de mauvais temps, suivi de pluies printanières et ponctuées par des bribes de soleil qui ne tardent pas, le mardi, ce fut un soleil printanier qui a régné durant la matinée, faisant croire à une accalmie durable qui permettrait le lancement de la saison estivale. Personne ne s’attendait à un changement brusque de climat entraînant un déluge. Le ciel s’est vite assombri par un nuage noir, des orages éclatèrent et des grêlons suivis de pluies tombaient. Les connaisseurs étaient déjà gagnés par l’amertume en se disant : bonjour les dégâts ! Rien ne leur a résisté. Conséquences : des cultures maraîchères, fourragères, céréalières et arboricoles sont endommagées. «La grêle cause toujours des dégâts en cette période de l’année où les fruits et légumes commencent à fleurir ou à former des grains encore vulnérables. En montagne, l’espoir des oléiculteurs du peu de production attendue, est fondu comme neige au soleil. Hier, juste après l’accalmie je me suis rendu au champ. C’est la désolation totale. Sous les oliviers, la terre est devenue verte de grains d’olives», dira un agriculteur frappé de stupeur de voir autant de dégâts auxquels il ne s’attendait pas. Les conséquences d’un mois de pluie en pleine campagne de fenaison ont touché aussi les propriétaires de champs fourragers. Si ceux qui ont de petites parcelles profitent des accalmies entraînant des journées ensoleillées pour faucher l’herbe, le laisser sécher, le botteler et engranger la production, il n’en fut pas de même pour les gros propriétaires qui ont des hectares nécessitant des semaines de fauchage. «Il est vraiment rare de voir autant de pluies tombées en cette période de l’année et s’échelonnant sur presque un mois. Les fourrages fanés sont rattrapés par des herbes vertes qui poussent suite à une abondance d’eau. Je ne sais même pas ce qu’on va ramasser de bon comme production fourragère. Les grains sont tombés et il ne reste que les tiges, probablement pourries par l’abondance d’eau. Si de telles pluies continuent à tomber, même les cultures céréalières seront endommagées, du fait qu’à cette période de l’année elles ont besoin de soleil», redoute un autre agriculteur.
L. Beddar
