Les résidents face à la menace d’une année blanche

Partager

Alors que le ministre adopte des mesures pénalisantes contre les grévistes, les médecins résidents doivent, désormais, faire face aux menaces de leurs professeurs qui avancent la thèse d’une année blanche si jamais les médecins résidents ne reprenaient pas du service

Le fossé est définitivement creusé entre les médecins résidents et leur tutelle. La question du service civil est toujours à l’ordre du jour et ce, depuis le début du mouvement de protestation couronné par la grève générale et illimitée.

Chose qui, pour rappel, remonte au 28 mars dernier. Plusieurs mois durant, ils sont toujours en rangs unis, autant qu’au premier jour de leur mouvement. C’est pour cette raison, sans doute, que de plus en plus de pressions viennent s’abattre sur les résidants qui se retrouvent maltraités à chacune de leur sortie. La dernière en cours reste les ponctions sur salaire. En effet, des notes émanant du ministère de la tutelle somment les chefs de services, au niveau de tout les CHU du territoire national, d’opter pour des ponctions sur salaire de tous les grévistes. A cela vient s’ajouter le fait que les professeurs se mettent aussi de la partie. C’est ainsi, nous expliquera le docteur Djadjoua, représentant à Tizi-ouzou du collectif national des médecins résidants algériens (CAMRA), que ces derniers  » menacent de nous sanctionner en nous imposant l’année blanche « .

Il ajoutera par la suite que  » c’est peut-être une nouvelle sanction à nos dépens, mais nous sommes prêts à prendre ce risque « . Par ailleurs, notre interlocuteur dira que les négociations avec les autorités concernées ont buté sur le point de la plate forme de revendications jugée essentielle par les résidants, à savoir le service civil. Un niet définitif exprimé par le ministre de la tutelle. Sur ce point justement, docteur Djadjoua dira que  » nous ne voulons pas l’abrogation du service civil qui n’a jamais pu régler le problème de la couverture sanitaire dans les régions éloignées. Ce que nous voulons c’est l’abrogation du caractère obligatoire de ce service « .

D’après le représentant à Tizi-ouzou, du collectif national des médecins résidants algériens (CAMRA), l’affectation se doit d’être faite sur la base d’un  » choix personnel et non d’une obligation. Ceci tout en assurant aux médecins des conditions à même de leur permettre de réaliser leurs mission « . La revendication est celle d’un  » véritable projet de santé au profit du citoyen « , les résidants affirment leur disponibilité à rester plus longtemps au Sud et dans les régions des hauts Plateaux, en bénéficiant des moyens incitatifs. Notre interlocuteur parlera aussi des intimidations qu’ils subissent pour les altérer aux yeux de l’opinion publique. Une contre médiatisation qui a pour but d’amoindrir les actions des médecins résidents. Mais, aussi, de les faire passer pour des « séparatistes et antipatriotiques ». Dans le même contexte, il rappellera aussi le soutien que les grévistes ont reçu.

Tel celui de l’association des malades, le syndicat des professeurs en médecine et maîtres assistants, ainsi que celui de l’ordre des médecins. Pour rappel, les revendications pédagogiques des médecins résidents, ainsi que celles relatives à leur statut, devraient voir leur dénouement.

T. Ch.

Partager