Pas moins de 570 collégiens repartis sur 17 divisions se retrouvent chaque jour au moment du repas de midi confrontés à l’épineuse contrainte de la restauration. Ces collégiens sont obligés chaque jour que dieu fait de chercher un moyen de dégotter un sandwich à avaler dans l’encoignure d’une porte, dans un coin de rue discret comme d’authentiques vagabonds. Ceci pour les plus nantis, sachant qu’un simple casse-croûte frittes omelettes chez le gargotier du coin, coûte pas moins de 100 DA. Pour les autres et ils sont les plus nombreux, étant issus de familles à revenus modestes, ils n’ont d’autre solution que d’avaler leur salive en regardant les autres manger, serrer la ceinture jusqu’au dernier cran pour s’attaquer au cours de l’après- midi le ventre creux et la tête tournante. un scénario qui se répète qu’il vente ou qu’il pleuve depuis… 26 ans, soit depuis la mise en service en 1985 du CEM sans que cela n’émeuve une quelconque autorité. Pourtant, ils sont nombreux ces responsables à verser sporadiquement quelques «larmes de crocodile» devant le calvaire des milliers d’étudiants qui ont transité par cet établissement situé en plein centre du double chef-lieu de commune et de daïra. Ils sont aussi nombreux ces autorités qui se sont formellement engagés à mettre fin à cette inacceptable situation par la réalisation d’une cantine, engagements restés à ce jour au stade de vœux pieux sans plus, sinon servant à doser un populisme périmé non trompeur a l’occasion de chaque cérémonie qui se déroule au sein de ce CEM, des engagements formulés la bouche pleine de mille-feuilles et la gorge gargouillante de Gazouz aux frais de la princesse. Pourtant, toutes les conditions sont offertes pour la réalisation d’une cantine pour ces collégiens, résidents en majorité dans les agglomérations périphériques, à plusieurs km a la ronde, tel que ceux du village Ath Ivrahim ou Zouzamene, à commencer par la disponibilité d’un terrain vague mitoyen de l’établissement qui ne demande qu’a être exploité au lieu de servir de fumoir, urinoir et dépotoir, polluant sensiblement cet établissement et dérangeant énormément plusieurs administrations et blocs résidentiels. Combien sont-ils les présidents qui ont transité par cette APC à jurer par tous les saints de la région, durant les campagnes électorales de faire de cette lacune l’une de leurs priorités ? Combien de chefs de daïra ont-ils opiné du chef l’air approbateur soutenant sans réserves cette « idée en l’air » ? Combien enfin de directeurs de l’éducation se sont-ils engagés solennellement la main sur le cœur à prendre en charge cette tenace contrainte dans les plus brefs délais et cela presque annuellement depuis 26 ans ? D’anciens élèves qui ont signé des pétitions à ce propos dans les années 1980, commencent à avoir des cheveux blancs ; des parents qui ont organisé des mouvements de protestation toujours à ce même sujet, sont morts et enterrés depuis belle lurette et enfin des directeurs ayant exercé dans cet établissement et qui ont rédigé des dizaines de requêtes pour réclamer une cantine sont en retraite depuis des lustres, et la cantine n’est toujours pas réalisée. Le fumoir, urinoir, dépotoir, continue toujours de narguer et déranger tout le monde. Au point où vont les choses, il est fort à parier que ce décor solidement planté au beau milieu du chef lieu de daïra en plein centre du chef-lieu de commune le restera encore pour des générations à venir.
Oulaid Soualah
