Bouira Les travailleurs de l’OPIBO ferment le siège de leur établissement –  » Le wali se désintéresse de notre sort « 

Les travailleurs de l’office des périmètres irrigués de Bouira (OPIBO) ont franchi un nouveau palier dans leur mouvement de contestation, en bloquant l’entrée de leur établissement situé à Ain Bessem

En effet, ces ouvriers sans salaire depuis plus de 8 mois, tiennent régulièrement des sit-in devant le siége de la wilaya, afin d’alerter le wali sur la situation critique que vit cet établissement. Ils étaient une trentaine de salariés devant le siège de l’OPIBO à exprimer leur désarroi face à de telles dérives, que l’un d’eux qualifiera d’ : « honteuses ».

Ce contestataire, expliquera sans retenu aucune, les incohérences de leur tutelle, qui n’est autre que la wilaya, et à sa tête, M. le wali : « Comment peut -on dénigrer autant les personnes ? Un wali qui fuit ses responsabilités, qui dénigre systématique nos doléances et de surcroît, nous pousse à nos derniers retranchements, est-il apte à gérer une wilaya comme la nôtre ? ».

Cet employé qui ne pouvait contenir la colère et l’indignation qui bouillonnaient en lui ajoutera : « Cette fois, aucun compromis n’est possible ! On exige que notre établissement retrouve un équilibre budgétaire, le bricolage est bel est bien terminé ». Ensuite, un autre protestataire fera valoir des soutiens de ‘’poids’’, qui ne sont autre que les agriculteurs de la région, ces derniers se sont déplacés en masse, dans le but d’afficher clairement leur adhésion et leur solidarité vis-à-vis des grévistes. Par la suite, arrivera le DG de cet office, qui, il est important de le motionner, est intérimaire à ce poste depuis prés de 6ans…

Ce dernier, soulignera l’incongruité de la situation : « L’office des périmètres irrigués de Bouira, est un établissement public à caractère économique, qui est placé sous la tutelle de monsieur le wali de Bouira. C’est du moins ce qui est stipulé dans les articles 3 et 5 de notre statut. Cependant, le premier magistrat de la wilaya, n’assume pas ses responsabilité en s’entêtant dans le déni et le mutisme. C’est à la wilaya en général et à l’homme qui est à sa tête, qu’incombe la tâche de nous débloquer les fonds nécessaires au bon fonctionnement de l’OPIBO, car notre rôle est vital, dans la stratégie du développement de l’agriculture à Bouira, et M. le wali semble négliger notre importance ».

Documents à l’appui, le DG fera étalage des dizaines d’envois adressés aux autorités locales et à la tutelle, et soulignera que : « depuis 2007, on signifie aux autorités concernées l’urgence et la gravité de la situation dans cet établissement, mais en vain ! » Abordant, le sujet relatif à la gestion des finances de cet organisme public, le directeur par intérim de l’OPIBO relèvera, avec un certain agacement, les aberrations du conseil de sécurité et de contrôle (CSC), qui selon les articles 6 et 7 du statut de l’office des périmètres irrigués de Bouira, est présidé par respectivement : Le wali ou son représentant, le DG de l’hydraulique, et d’autres responsables de la wilaya. Néanmoins, ce conseil qui devrait en principe se réunir chaque année, afin d’analyser l’état financier de l’office de l’irrigation, ne s’est pas réuni depuis…2001 ! Selon notre interlocuteur. Ce dernier, dira à ce sujet : « Vous savez, on les a carrément supplié de venir nous contrôler, vous vous rendez compte… ! Ainsi, on sera fixé si nos exigences s’avèrent infondées, je m’engage personnellement à présenter des excuses publiques. Notre budget est règlementé et ses modalités sont définies par l’article 23 de notre statut qui précise que les excédants et les déficits sont retracés dans la section et sous chapitre relatif à l’investissement du budget de la wilaya. De ce fait, les fonds qui nos sont alloués, sont suivit à la trace ».

Enfin, interrogé sur les motifs qui sont à l’origine selon lui, de ce blocage, le DG de l’OPIBO imputera cette situation : « Au peu d’intérêt qu’accorde le premier magistrat de la wilaya à cet établissement, qui ne rentre pas dans ses projets ‘’phares’’ ». En tout état de cause, et malgré la politique de l’autruche qui est entreprise par la tutelle de l’OPIBO, les travailleurs de cet organisme ne comptent pas en rester là et prévoient un durcissement de leur mouvement de grogne, en coupant les vannes d’irrigation, ce qui handicaperait fortement le secteur de l’agriculture, si cher à M. le wali

Ramdane B.