Kherrata Projet d’évitement de la ville – Les travaux au ralenti

L’un des projets les plus importants inscrits dans le cadre du plan quinquennal 2005/2009 mais dont les travaux avancent très lentement, est incontestablement celui de l’évitement de la ville de Kherrata dont la fiche technique prévoit un lot route et un autre relatif à la réalisation de deux viaducs.

La lenteur des travaux est à mettre probablement sur le compte des difficultés financières rencontrées. En effet, selon des sources crédibles, alors que le montant global de l’indemnisation porté sur l’arrêté d’expropriation dépasse les 34 milliards de centimes, sur l’enveloppe accordée dans le cadre de l’indemnisation des expropriations pour la réalisation de ce projet, il n’en reste que 22 milliards de centimes. Outre cette différence de taille entre l’évaluation faite et l’argent disponible, plusieurs autres paramètres sont entrés en jeu au point de douter de l’achèvement de ce projet dans les temps. En effet, après les multitudes réclamations des expropriés sollicitant leur indemnisation qui tarde à arriver, c’est au tour des élus communaux de saisir la direction des travaux publics pour demander une enveloppe financière de dix milliards de centimes pour l’acquisition d’une parcelle de terrain afin d’y réaliser un nouveau marché hebdomadaire, ceci en dédommagement des dégâts occasionnés à l’ancien marché de la localité par les travaux de réalisation de ce projet. Sollicité pour donner son avis sur la difficulté financière que rencontre ce projet, le responsable du secteur des travaux publics dans la wilaya de Béjaïa déclarera qu’une autre variante sera proposée pour éviter de toucher le plus gros exproprié afin de réduire les charges, et pouvoir indemniser les autres. Le plus gros exproprié n’est autre que la SARL «Grande Surface des Gorges » dont le montant global de l’indemnisation relative à la valeur du terrain et des objets supports dépasse le montant restant dans les caisses pour l’indemnisation de l’ensemble des expropriés. Le gérant de cette société de salariés, créée en remplacement de l’ex-Souk El Fellah, s’étonnera de ce recours à une autre variante alors que depuis la réception par sa société d’une correspondance des services des domaines relative à l’impact du tracé de l’évitement de la ville sur la parcelle de leur terrain, lui et ses associés se sont considérés comme déjà expropriés et l’officialisation faite par arrêté wilayal du mois de février dernier, n’a fait que confirmer cette situation, les obligeant à activer la procédure de liquidation de la société. «Quelle que soit la variante retenue, notre terrain sera touché et d’ailleurs, même s’il ne l’est pas, nous serons condamnés au chômage car non seulement nous avons déjà entamé l’opération de dissolution et liquidation de notre société mais aussi notre supermarché n’offrira aucune commodité aux clients potentiels», ajoutera-il. Quelle est la solution que préconiseront les pouvoirs publics pour résoudre ce problème ? Vont-ils demander une réévaluation du projet ou carrément se mettre autour d’une table avec les expropriés pour revoir les montants des indemnisations ?

A. Gana