Bien que la législation, qui interdit de faire travailler les enfants de moins de 16 ans, a été renforcée ces dernières années, il reste que des cas sont signalés en des endroits des régions de la wilaya de Bouira, particulièrement au niveau des zones rurales. Le commun des mortels peut se rendre compte et remarquer que des adolescents s’adonnent à des labeurs des plus pénibles, au risque de détériorer leur santé. Pour que nous nous rendions compte et que nous soyons très édifiés sur le triste sort réservé à la plupart de cette frange de la société nous allons retracer l’histoire du jeune Selim, à peine 16 ans, que les vicissitudes de la vie ont fait de lui un être errant au gré des circonstances. Sélim s’est installé dans la commune d’Aïn H’djar, une petite ville distante de 10 Kms à l’ouest du chef-lieu de wilaya de Bouira. Selon les citoyens de cette localité Selim est arrivé il y a de cela une année, il a quitté son lieu de résidence, Réghaïa, où il n’arrivait pas à supporter une vie des plus sombres et des plus incertaines, car issu de parents divorcés, il a quitté l’école ne dépassant pas la 5è année. Un jour, il s’est dit qu’il fallait partir, et ainsi il prit la route vers Ain H’djar, où il avait quelques connaissances. Mis devant la réalité cet infime espoir ne lui a pas servi à grand-chose, et lui a appris à ne compter que sur lui-même. Car les premier jours, après s’être établi dans cette ville, il dormait à la belle étoile en plein hiver avec le froid rigoureux, il squattait la carcasse d’une battisse mitoyenne à la mosquée de la ville. Il arriva, tout de même, à trouver du travail dans une boulangerie pour subvenir à ses besoins, il touchait à peine 600 DA la journée de labeur. Mais, d’après les citoyens, il s’est fait virer de son travail récemment, mais sans toutefois désespérer, car il trouva un autre travail, mais des plus pénibles, parce qu’il consistait à creuser des excavations dans le village de Saïd Abid, qui se trouve proche du chef-lieu de la commune de Aïn H’djar. Il arrive que, parfois, les citoyens d’Aïn H’djar s’apitoient sur son déplorable destin et lui offrent de la nourriture, bien préparée et saine, pour qu’il arrive à goûter, au moins de temps à autre, à des mets cuisinés convenablement, mieux que les repas peu fiables des gargotes. Sauf que la plupart des avis des habitants d’Aïn H’djar divergent sur la nécessité de prendre en charge Selim, d’autant plus qu’il n’est pas trop tard pour lui d’être inscrit dans un centre de formation, à défaut d’école, pour qu’il puisse apprendre un métier et avoir des repères afin de se faire une vie. Car la rue n’est pas si sûre et Selim pourrait être une proie facile aux divers fléaux qui sévissent dans la société qui vont du vol à la consommation de la drogue, passant par l’exploitation, sans vergogne, des mineurs sans attaches familiales, par le banditisme.
C’est à ce niveau que le mouvement associatif doit intervenir pour remédier à ce genre de détresse. Et le fait de faire travailler des mineurs existe toujours, malheureusement, puisque nombreux sont les enfants ne dépassant pas l’âge de 16 ans, qui se retrouvent dans la contrainte de chercher du travail pour aider leurs familles et se rendre utile, mais seulement, sans prendre de précautions, au péril même de leur santé sans qu’ils soient déclarés, vu que la loi l’interdit. Même le type de travail qui leur est offert est des plus pénible pour leur âge, étant donné qu’ils assurent les travaux qui demandent de gros efforts physiques.
Fahem H.
