Nous avons profité de la présence à Béjaïa de l’ex-international, Kamel Ghilas, pour lui poser certaines questions sur l’équipe nationale ainsi que sur sa destination, cette saison.
La Dépêche de Kabylie : Vous rendez visite, pour la première fois, à la région d’origine de vos parents, un mot ?
Kamel Ghilas : Je suis originaire de Boukhelifa et mes grands-parents habitent à Tala Hamza. Je suis à Béjaïa depuis une semaine et j’ai visité beaucoup de lieux, c’est une très belle ville avec de très beaux paysages, franchement, je pars avec de très bons souvenirs mais dommage que je ne sois pas venu avant, c’est ma première, pour profiter davantage de ces merveilleux paysages, mais ce ne sera pas la dernière, ça c’est sûr. Franchement, j’étais étonné car avant de venir, honnêtement, je m’attendais au pire.
Vous avez visité quels sites ?
Je viens tout juste de visiter le mausolée de Yemma Gouraya, j’ai visité aussi le Thaïs, Capritour, Boulimat, sans oublier la montagne de Boukhelifa, franchement j’étais ébloui par la beauté de la région.
Ça vous fait quoi d’être originaire du même patelin que Zinnedine Zidane ?
C’est une grande fierté d’avoir les mêmes origines que le meilleur joueur du monde, algériennes, kabyles, de Béjaïa et de Boukhelifa, c’est un grand honneur pour moi.
Quel est votre sentiment par le fait d’être reçu par le président de la JSMB au siège du club ?
Ça m’a fait chaud au cœur d’être reçu par le président Boualem Tiab, c’est un grand honneur pour moi, j’espère qu’on nous accueillera tous les jours comme ça.
Suivez-vous le championnat algérien et le parcours de la JSMB ?
Sincèrement non, mais chaque, week-end, je regarde les résultats, je connais quelques équipes à l’image de la JSK, JSMB, MCA, MCO.
Et le deuxième club de Béjaïa, à savoir le MOB ?
Oui je connais le MOB car il y a un copain de quartier, Feghaoui, qui a joué plusieurs saisons au MOB, c’est par son intermédiaire que je connais le club.
Concernant votre avenir, peut-on connaître votre destination cette saison ?
Cette saison, je rentre en Angleterre pour jouer à Hull City, en ligue II anglaise, sous forme d’un prêt après un passage à Avignon où j’ai passé une saison un peu difficile après ma blessure, mais je travaillais sans relâche pour m’imposer.
Comment avez-vous suivi la coupe du monde, vous qui avez passé plus de trois ans en sélection et participé à la qualification ?
Franchement, c’était difficile pour moi de suivre le mondial à la télé alors que j’ai participé à tous les matchs de qualification. Le comble est que, jusqu’à présent, je ne connais même pas la raison de ma mise à l’écart, certaines sources parlent de la photo que j’ai prise à Khartoum avec le drapeau berbère, je suis vraiment innocent car, au moment de la prise de la photo, il y avait Karim Ziani à côté de moi et se sont les supporters qui nous ont balancé les drapeaux algériens et kabyles. Ce mondial m’est resté amère car je ne savais pas, à ce jour, pourquoi on m’a écarté.
Quel est votre sentiment après avoir été remplacé par d’autres joueurs venus après la qualification au mondial ?
Je ne fais pas de fixation sur ce point et je ne suis pas trop déçu, s’il y a d’autres joueurs plus en forme et plus expérimentés, il n’y a pas de soucis, mais le plus blessant pour mon cas, et pour d’autres éléments, c’est le fait d’être utilisé puis mis à l’écart après la qualification au mondial. On a passé 3 ans et demi ensemble et on formait un très bon groupe, mais on ne peut décider de ces choses-là car on n’est que des joueurs. C’est regrettable d’être évincé sans raisons, mais à entendre que je suis écarté à cause du drapeau berbère, c’est aberrant, mes parents sont de Kabylie et moi je ne peux être que kabyle, et si mes parents étaient d’Oran, je me considèrerais oranais, c’est la même chose.
Gardez-vous des relations avec d’autres joueurs encore en sélection ?
Oui, bien sûr, il ne faut pas oublier qu’on était comme une famille pendant tout le temps qu’on a passé en équipe nationale. Maintenant, j’appelle de temps en temps Bouguherra, Ziani et Megheni, on se voit de temps en temps tout en demandant les nouvelles du groupe.
Avez-vous suivi le match de l’EN contre le Maroc ?
Oui, comme tout algérien, j’étais très déçu par le score plus que par la défaite. Franchement c’est trop d’encaisser 4 buts. Lors de ce match, j’ai senti que la sélection nationale était paralysée, j’espère qu’on oublie vite ce match et qu’on pense à aller de l’avant pour gagner d’autres matchs et se qualifier à la CAN 2013 et au mondial 2014.
Quel commentaire faites-vous sur le nouveau sélectionneur national ?
Franchement, je ne le connais pas spécialement, mais je sais qu’il a entraîné le PSG et la Côte d’ivoire, je pense que les Bosniaques sont plus autoritaires coté discipline. Je me suis renseigné sur lui, à travers certains joueurs du PSG et ils m’ont dit que c’est un très bon entraîneur.
Souhaitez-vous réintégrer l’EN ?
Inchallah, pourquoi pas, je travaille pour ça. Je n’ai jamais fermé les portes et mon but principal est d’y revenir. Je n’ai jamais tenu rancune par rapport à mon écart avant le mondial, je suis algérien et je suis prêt à défendre dignement les couleurs nationales. Je suis encore jeune et si tout va bien, je peux jouer une dizaine d’années encore,
En voulez-vous à Saâdane ?
Non, pas du tout, ça ne me dérange pas de prendre un café avec lui, je ne suis pas rancunier, c’est ça le monde du football, un jour on te prend et l’autre non. Moi, j’ai tout oublié et je ne pense qu’à l’avenir
Regrettez-vous son départ ?
Je regrette plus qu’il soit sorti comme ça, je regrette plus cette sortie, il a beaucoup donné à l’équipe nationale et il mérite mieux que ça.
Quelles sont vos ambitions avec votre nouveau club ?
C’est de jouer au plus haut niveau, travailler encore plus pour atteindre le niveau souhaité.
Quel est le meilleur moment que vous avez passé en équipe nationale ?
C’était exactement entre le match du Caire et celui de Khartoum, malgré qu’on ait été caillassés en Egypte et perdu le match, mais on est revenus en force au Soudan, avec cette rage de vaincre, c’était une période de tristesse et de joie, en même temps, sans oublier la joie qu’on a procuré au peuple algérien et les scènes de liesses à notre retour à Alger, c’était inoubliable.
Votre dernier mot…
Je suis très content de me retrouver dans la ville d’origine de mes parents, je remercie toutes les personnes qui m’ont accueilli, ainsi que tous les membres de ma famille et le P/APC de Tala Hamza.
Entretien réalisé par Zahir Hamour

