Protégé du souffle de l’ouest par le massif de Gouraya, le site de Bejaïa était déjà connu des Phéniciens qui l’avaient appelé Vaga ( » les ronces « ), certainement en référence au type de végétation qui couvrait les contreforts rocheux.
Les Romains se sont installés à Saldae mais c’est au XIe siècle après J.-C., que la cité a connu son plus important développement. A cette époque, les Béni Hammad quittent leur kalaa des montagnes, dans la région de M’Sila, et descendent vers la côte plus accueillante et propice aux relations commerciales. En 1067, En-Nasser, souverain de la rayonnante dynastie hammadite, donne son nom à la ville qui deviendra vingt-cinq ans plus tard, la capitale politique et culturelle du royaume. Dès lors , En-Nassria prospère et de cité édifiée en escalier entre montagne et mer d’un bleu profond ,se transforme en véritable ville convoitée puis prise au milieu du XIIe siècle par les Almohades puis par les Hafsides de Tunisie. Au XVIe siècle, les Espagnols soucieux de s’assurer le contrôle de l’ouest de la Méditerranée s’emparent d’En-Nassria (Naciria) et l’occupent pendant un demi-siècle avant de céder leur place aux Ottomans au début du XVIIe siècle. En 1833, les troupes françaises s’emparent de la ville dont ils avaient depuis longtemps déformé le nom arabe de Bejaïa en Bougie, nom qui désignera ensuite les petites chandelles en cire d’abeillesproduites dans les hauteurs de la Kabylie et exportées depuis le XIVe siècle. Aujourd’hui, Béjaïa a retrouvé son nom arabe (Bgayet en tamazight) mais elle est surtout devenue un grand centre pétrolier qui s’est développé autour du terminal de l’oléoduc de la Soummam qui arrive ici en provenance des forages d’Hassi Messaoud. Malgré cette proximité peu attractive, Béjaïa conserve un grand charme, que ce soit dans le centre-ville ou dans ses environs immédiats.
S. B.

