A Tizi-Gheniff, les contestations se conjuguent au quotidien. Si ce n’est pas la Cité du 5 Juillet, c’est celle de Marako ou encore d’autres villages.
Hier, ce sont les habitants du village Tazekrat et ceux des hameaux environnants qui sont passés à l’action. Ils ont fermé le siège de daïra. « Nous resterons ici tant que nos revendications ne sont pas satisfaites. Nous sommes oubliés par les autorités », nous dira en premier lieu un membre du comité de village. Avant qu’un deuxième, d’un ton coléreux, se mette à égrener toutes les misères que subissent au quotidien ses concitoyens. « Imaginez une piste qui n’est pas encore revêtue depuis maintenant trente six ans. Pourtant, Dieu sait combien de promesses nous ont faites par les autorités. Nous en avons ras-le-bol », s’emporte-t-il. Interrogé sur les principales revendications, notre interlocuteur nous dira qu’elles sont toutes vitales. « Est-ce que vous acceptez que des eaux usées soient rejetées devant chez vous?, nous interrogera-t-il. « Il nous faudra un réseau d’assainissement qui réponde aux normes », nous expliquera-t-il après cette interrogation. « On affirme que l’eau est disponible chaque jour dans les villages de Tizi-Gheniff. C’est faux. Chez nous, elle ne coule des robinets qu’une fois tous les quinze jours. Et puis, elle n’arrive que dans quelques foyers », enchaînera-t-il. Chacun voulait prendre la parole. « Le gaz est à quelques jets de pierre de notre village, mais nous n’en avons pas encore bénéficié. Peut être, en 2030 », ironisera un jeune. Les contestataires veulent l’amélioration de leur cadre de vie. « Les points que nous avons soulevés ne sont pas une mer à boire quand on entend ici et là la mise en service de commodités plus coûteuses. Il faut que le wali nous entende », ajoutera un intervenant parmi la foule. Les contestataires sont décidés à aller jusqu’au bout. « Demain, nous serons toujours ici. Si nos voix ne sont pas entendues, nous allons fermer la mairie. Aujourd’hui, nous avons agi avec sagesse. Nous n’avons pas voulu pénaliser les citoyens notamment avec la délivrance de pièces administratives pour les inscriptions à l’université. Mais si la situation l’exige, nous n’aurons pas d’autre choix », finira par nous dire un autre membre.
Amar Ouramdane

