Le P/APC de la commune de Souk El Tenine dans la daira de Maatkas, au sud de la capitale du Djurdjura, a tenu à s’entretenir avec La Dépêche de Kabylie en vue d’éclairer l’opinion publique s’agissant des acquis, des chantiers à venir et de ce qui entrave le développement de sa municipalité. Mr Klalèche, la quarantaine, était en 2002 lors de sa première élection à la tête de l’APC, sous la couleur politique du FFS, le plus jeune maire de la nation. Il en est à son 3e mandat successif.
La Dépêche de Kabylie : Commençons par la présentation de votre commune et l’état dont vous l’avez trouvée en 2002.
Mr Klalèche : Notre commune est née lors du dernier découpage administratif de 1984. Elle compte actuellement prés de 15000 habitants répartis sur 14 villages et hameaux. En arrivant en 2002, l’état des lieux était catastrophique. Inexistence d’un siège de mairie digne de ce nom, absence d’un parc communal, les différents réseaux avait un retard criard, l’insécurité et plusieurs autres tares étaient le quotidien des citoyens. Notre intention n’est pas de dévaloriser le travail de mes prédécesseurs, mais de dire la vérité à la population. Les manques étaient multiples. Tout était à faire ou à refaire. Notre commune continue d’ailleurs à être d’aspect rural, elle déshéritée et ne fonctionne que grâce aux subventions de l’état. Nous avons du retrousser très haut les manches en vue de diminuer de l’ampleur du retard. Avec l’aide des élus, des comités de villages et de toute la population, l’état des lieux s’est significativement amélioré. Plein de projets restent à faire évidemment et nous nous attelons à les concrétiser.
Parlons alors de la couverture sanitaire, de l’AEP et de l’assainissement et du réseau routier.
Notre commune est assainie actuellement à plus de 80%. Quelques foyers nouvellement construits et éparses restent à être raccordés au réseau de l’assainissement. Pour ce qui est de l’AEP, le réseau a été refait dans sa globalité. Nous avons trois stations de pompage à Mechtras et notre cote part de Tassadort, en plus de l’eau du barrage de Koudiet Asserdoun. En somme avec une bonne gestion, l’eau sera disponible quotidiennement. Techniquement nous recevons plus de 2,8 millions de litres d’eau par jour des stations de Mechtras et du barrage, sans parler de notre cote part de Tassadort, soit 200 litres par habitants/jour. Mais la mauvaise gestion des responsables de l’ADE au niveau local fait que des perturbations dans la distribution se fait parfois sentir, surtout en période des grandes chaleurs. Concernant le secteur de la santé notre commune compte une polyclinique et trois unités de soins. Nous venons dernièrement de décrocher la réalisation d’un pavillon des urgences et de la réfection de la seule polyclinique que compte notre commune, en attendant la construction d’un hôpital dans la région, seule infrastructure à permettre une bonne prise en charge des patients. Le réseau routier a été refait dans sa totalité. Il ne reste que le tronçon reliant Souk El Tenine à Ait Abdelmouméne, son revêtement interviendra avant la fin de l’année. D’ailleurs l’appel d’offre est lancé par la DTP.
A présent abordant le volet sportif, culturel, le secteur de l’éducation.
Nous allons commencer d’abord par le secteur de l’éducation secteur d’une importance capitale. Les écoles dont nous avons la charge ont toutes bénéficié de travaux de réhabilitation et d’entretien. Leur image a vraiment changé. Elles sont pour la plupart dotées de restaurant scolaire. Nous travaillons en étroite collaboration avec les chefs d’établissement et nous essayons progressivement de répondre à leurs doléances. Nous avons également un lycée en voie d’achèvement. Le ramassage scolaire est assuré gratuitement aux filles et nous comptons l’élargir aux garçons dés que possible. Pour ce qui est du sport, nous avons un stade communal homologué une salle polyvalente équipée et un stade matico à Ighil Boulkadi. Nous allons sous peu mettre en service un foyer de jeunes, en attendant la réalisation d’une véritable maison de jeunes.
… et le logement
La crise de logements n’a pas épargné notre région malheureusement. Dans le cadre RHP nous avons 30 logements en chantier. Cela pour recaser les habitants de la cité précaire dite Agarage et, par là nous aurons la possibilité de construire plus de logement et de locaux. L’habitat rural est une autre formule qui a donné de bons résultats et nous avons bénéficié d’environ 600 aides depuis 2002. Nous avons convenu, en commun accord avec les locataires des locaux précaires sis au chef lieu de les démolir en vue de les reconstruire, cela nous donnera l’occasion d’ériger plus de locaux et de logements. Ainsi, notre ville retrouvera son image de marque.
Qu’en est-il du gaz et du réseau électrique ?
Pour le raccordement au gaz naturel, les travaux sont déjà lancés. 60% de notre localité en bénéficiera dans un premier temps, en attendons le raccordement du reste de la localité. Les appels d’offre concernant les études sont déjà lancés. De toutes les manières, tous nos villages seront raccordés au réseau du gaz avant la fin de l’année 2012. L’électricité est arrivée dans tous nos villages. Il reste certains nouveaux foyers, à peu prés une centaine, une partie sera prise en charge dés cette année. Les autres seront raccordés progressivement.
Revenant maintenant à l’anarchie qui règne dans le chef lieu, surtout problème de l’insécurité.
Ecoutez, franchement, ce problème me dépasse. J’ai, en étroite collaboration avec les comités de villages, tenté le diable pour faire régner l’ordre et la sécurité au chef lieu. Nous sommes allés, avec les comités de villages, jusqu’à faire de notre ville une ville morte. Hélas, nos appels n’ont pas trouvé d’écho. Certains commerçants, chauffards et malfrats ont pris des habitudes qu’il est difficile d’anéantir, surtout lorsque les services concernés s’en lavent les mains et ne s’impliquent pas. Que peut bien faire un élu pour rétablir l’ordre ? Nous avons suivi toutes les démarches et saisi toutes les instances concernées, mais en vain. On vient de nous accorder dernièrement, la construction d’une unité de BMPJ, l’ouverture des plis pour l’étude architecturale est effectuée. Espérons que celle-ci mettra un terme au désordre et à l’anarchie. Mais avant, il faut déjà l’achever. On parle aussi d’une voie express et de la régularisation de la situation juridique du lotissement Fekrane, mais c’est encore trop tôt pour nous en réjouir. Concernant l’état piteux de notre chef lieu, le projet de l’amélioration urbaine, notamment l’éclairage public et l’assainissement, les avis d’appel d’offre sont lancés par la DUC. Les trottoirs et les revêtements viendront en second lieu.
Etant à la veille du mois de Ramadhan, qu’avez-vous prévu pour soutenir les familles démunies ?
Comme vous ne l’ignorez pas, notre localité recèle plusieurs poches de pauvreté. Les chômeurs et les pauvres se comptent par plusieurs centaines, alors, nous avons décidé de casser la tirelire en votant un montant de 2 millions de dinars. Ce qui fera environ 650 couffins de 3000 DA. La DAS vient de nous accorder 65 couffins et la DAL 160. Nous allons essayer de toucher l’ensemble des familles nécessiteuses. Nous souhaitons un bon Ramadhan à toute la population de Souk El Tenine et à tous les musulmans.
Votre dernier mot.
Pour avancer et faire reculer le sous-développement, les élus doivent avoir plus de prérogatives et de liberté d’action. L’élu local doit absolument retrouver son statut pour jouer pleinement son rôle. Ce n’est pas avec des montants insignifiants, comme ceux des programmes communaux de développement que les choses vont s’améliorer. Nous avons besoin de plus de financement pour prendre en charge les doléances de la population. Je n’oublierai pas de remercier mes concitoyens et les comités de villages pour leur précieuse collaboration. Je les appelle à plus d’union et à plus de collaboration pour faire sortir notre commune de l’anonymat et du sous-développement. La population de Souk El Tenine est invitée à éviter les oppositions en vue de relancer davantage la roue du développement des villages et de toute la municipalité. Un grand merci au quotidien La Dépêche de Kabylie qui nous a permis de nous adresser à ses lecteurs et à nos concitoyens.
Entretien réalisé par Hocine Taib

