La clôture de la campagne sur le contenu de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, menée tambour battant depuis presque un mois, a eu lieu hier à la Coupole du 5 juillet. A près avoir sillonné le territoire national, le Chef d’Etat a rencontré hier la population algéroise. Devant un parterre archicomble, et en présence de personnalités du pays, d’un nombre important de membres du gouvernement, de la centrale UGTA à leur tête Sidi Said, du domaine artistique tels que Beyouna et Driassa, le premier responsable du pays est revenu sur son projet de charte. A bâtons rompus, Bouteflika n’a pas omis de lancer quelques messages qui ont trait aux questions politiques et surtout de répondre à ses détracteurs qui ont lancé des estocades contre lui. « Mon titre est très clair dans la constitution, je suis président de la République, premier responsable des forces armées et ministre de la défense, ce qui fait que je n’ai à recevoir aucune leçon en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme », dira-t-il, allusion faite à la partie opposante à son projet de charte. A cette même occasion de la tenue de son meeting référendaire imposant, le premier responsable du pays est revenu à la charge pour affirmer que le « projet de charte n’a pas été dicté d’en haut, bien au contraire, il a été présenté au peuple pour l’étudier » a-t-il lancé avant d’ajouter que ce « projet émane de la base, du peuple algérien ». Toujours sur la lancée, il a souligné qu’ »il est prêt à faire des sacrifices pour assurer la prospérité de notre pays ». Le premier magistrat du pays n’a pas également omis de répondre à ceux qui, selon lui nuisent à limage de l’Algérie. Texto, il a avancé « je me suis éloigné du pouvoir durant 20 ans. Et durant ce temps, je me suis toujours abstenu de faire des déclarations qui pourront porter atteinte à notre peuple et à notre pays et pourtant j’ai été contre la politique algérienne à plus d’un titre ». Pour fermer cette page de la « rancune », le président de la République a exhorté les Algériens et les Algériennes à s’imprégner des principes de l’Islam, car, ajoute-t-il, « l’islam est notre seul remède, c’est le ciment qui permet la cohésion sociale ». Il a déploré, de même, le fait que des Algériens se sont « éloignés de la religion en adoptant le christianisme, j’espère que le bon Dieu prendra mon âme en étant un musulman », mais le vrai islam, a précisé le chef d’Etat qui, dans la foulée, estime que ce dernier a été falsifié. Dans son discours, improvisé, Bouteflika a réitéré que « ceux qui ont été la cause de la crise, n’auront aucun droit à revenir à l’activité politique », allusion faite également aux dirigeant de l’ex parti dissous. Une fois de plus, l’orateur a souligné aux jeunes déchaînés, que nous sommes tous des Amazigh, arabisés par l’Islam. Sur le même ton, il ajoute pour donner plus de résonance à ce qu’il a déjà déclaré que « ce n’est ni l’arabe, ni Tamazight qui est le ciment de la société, c’est l’Islam ». L’invité des Algérois, a aussi rendu un vibrant hommage aux journalistes et aux penseurs qui ont péri au courant des années noires. Quant à ceux qui sont à l’étranger, Bouteflika les a interpellé pour qu’ils reviennent au bercail, car « le pays a besoin d’eux ». « 15 ans cela suffit » ajoutera-t-il avant de marteler que « le colonialisme n’a pas fait ce que le terrorisme a fait dans notre pays ». Il poursuit que l’Algérie a payé un lourd tribut, « plus de 150 000 ont été tués », déplore-t-il avant d’ajouter que les dégâts matériels ne sont pas des moindres, ils sont estimés à plus de 30 milliards de dinars. Au cours de son discours, la salle se vidait petit à petit.
Wassila Ould Hamouda
