La station thermale de Sidi Yahia dans la commune de Bouhamza, attire à longueur d’année un flux incessant de curistes et de touristes, qui viennent profiter des vertus de ses eaux. A l’impératif curatif de ces thermes, se mêle souvent l’intérêt récréatif et le plaisir ludique. Situé à bord de l’Oued Bousselam, la station thermale, autant que le site qui l’abrite, s’avèrent trop exigus pour contenir la foule des visiteurs. Le liquide dont la chaleur parait insupportable au premier contact, jaillit d’une source souterraine qui a été aménagée en bassin. Sur ce dernier a été érigée une salle de bain sous forme de guérite. A tour de rôle se relaient femmes et hommes pour faire trompette et implorer la bénédiction de Sidi Yahia El Aidli, saint tutélaire des lieux. Prenant son courage à deux mains, un sexagénaire ventripotent fait immersion dans le bassin d’eau bouillante. Il en ressort au bout de quelques secondes en ébrouant bruyamment comme libéré d’un supplice atroce. «On guérit le mal par le mal. Depuis que je fréquente ce Hammam, mes douleurs articulaires ont quasiment disparu et je n’ai presque plus recours aux médicaments corticoïdes qui ont montré leurs limites», susurre-t-il à son compagnon de même génération. Allongés à même le sol, deux jeunes curistes dissertent à coup d’arguments sur les bienfaits des eaux thermales. «Une journée au Hammam Sidi Yahia, c’est une cure de jouvence», lance à la cantonade le plus âgé d’entre eux. Mais l’un comme l’autre, semblent plutôt relever de curistes légers et qui ne sont là que pour chasser un vague malaise existentiel. Le seul regret est que cette eau miraculeuse jaillissant des entrailles de la terre, n’ait pas bénéficié d’infrastructures suffisantes ni d’équipements appropriés qui feraient d’elle, plus qu’un foyer curatif, un pole touristique confirmé. A fortiori quand on sait qu’à quelques encablures d’ici, l’immensité glauque du barrage Tichi Haf fait miroiter le bleu azur du ciel, le vert olive des bosquets et les ocres falaises de l’Oued.
N. Maouche

