Après une grève qui a duré plusieurs semaines, les propriétaires de bus assurant la ligne Tizi-Alger et Tizi-Bgayet, ont repris depuis quelques jours.
Le bras de fer avec la Direction des transports de la wilaya aura donné ainsi mauvaise fortune pour les usagers et surtout « une image d’Epinal » de ce secteur, qui baigne, on le sait bien, dans un désordre indescriptible depuis des décennies. Cette vision tronquée du secteur public perd de sa substance à force de réguler à moindre frais. Pour rejoindre Alger, il faut payer 180 DA. Soit une augmentation de 50% par rapport à l’ancien prix qui était de 120 DA. Pour rejoindre la capitale des Hammadites, les voyageurs ont déboursé 200 DA. Cette situation pénalisante pour le citoyen est justifiée par le fait que la grève a des impacts financiers sur ses initiateurs. « Après deux mois de grève, on est obligé de récupérer notre argent perdu », disait un receveur de bus. Dans ce cas de figure, seul le citoyen paie les frais d’une grève dont ses intérêts sont complètement étrangers. L’agitation des transporteurs et de la Direction des Transports n’est autre » une querelle de clocher « , qui n’a fait réagir aucune autre autorité. Même le ministère de tutelle s’est muré dans un silence méprisant. Ces augmentations n’ont pas seulement touché le prix de la desserte vers Alger ou Bgayet. Même les fourgons assurant les lignes menant des daïras vers Tizi, ont gardé les même prix, même si la distance a diminué de plus de 10 km.
Le prix du voyage vers Michelet, par exemple, est resté à hauteur de 80 DA, alors que la distance est réduite. Puisque avant, ils assurent les dessertes sur la ville de Tizi, et maintenant vers la gare multimodale sur la route menant vers la zone industrielle de Tizi Rached. Le prix du ticket est resté le même alors que les voyageurs déboursent 15 DA pour rejoindre la ville des Genêts. » Tout ce que les transporteurs et leur tutelle ont concocté a servi, finalement les intérêts des uns et des autres sans se soucier de notre malheur « , a indiqué Djamel, jeune étudiant, rencontré à la gare multimodale. Pour lui, il est inconcevable que les responsables du secteur ne tiennent pas compte de cet aspect. En somme, tout le brouhaha et les ouï-dire qui ont entouré le projet de délocalisation de la gare routière a servi à pénaliser les citoyens sans plus !
M. Mouloudj
