Les transporteurs "achèvent" les usagers

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Alors que la grève des transporteurs de voyageurs par bus ait pris fin, jeudi dernier, les voyageurs ont été surpris de découvrir des tarifs revus à la hausse. Les usagers ont appris à leurs dépends, en effet, que ces prix ont atteint, pour certaines destinations plus de 50% du prix appliqué avant la grève.

Quarante-sept jours de bras de fer entre les transporteurs de voyageurs d’un côté et la direction locale des transports de l’autre. Quarante-sept jours de désagréments causés pour les citoyens qui faisaient face à un vrai casse-tête quant à l’éventualité de se déplacer.

C’est dire que les voyageurs ont dû pousser un grand ouf de soulagement en apprenant la nouvelle de la reprise des transporteurs, demeurés à l’arrêt depuis le 24 juin dernier. Cette décision a été prise après de longues et houleuses négociations entre les représentants du collectif des transporteurs et le wali de Tizi Ouzou, ainsi que le responsable local du secteur des transports. Des négociations  » pour le bien- être du citoyen longtemps pénalisé  » mais dont l’issue n’a, finalement pas épargné ce dernier, ou du moins, pas épargner sa poche qu’on sollicite une fois de plus. Pour certains cette augmentation subite et inattendue est conçue par les opérateurs afin de rattraper les dommages d’un mois et demi de non rente suite à leur arrêt de travail. Pour les transporteurs cette hausse devait intervenir le 1er juillet dernier.  » L’augmentation, nous l’avons décidée il y a deux mois, elle devait intervenir le 1er juillet passé mais comme nous étions en grève ça n’a pas été possible de l’appliquer  » nous dira un transporteur et de poursuivre  » les gens doivent savoir que nous n’avons pas augmenter les prix depuis 2001 « . Cette explication va-t-elle convaincre l’usager ? Ce n’est pas évident, d’autant que l’ire des citoyens est grande après cette augmentation décidée unilatéralement, doit-on le préciser par les transporteurs. Quoi qu’il en soit, la nouvelle de suspension de la grève, qui devait être un soulagement, voir un apaisement pour les citoyens qui ont payé de leur temps, mais surtout de leur argent afin de faire face à la crise que la grève a engendré a vite fait de se transformer en une blague de mauvais goût. Du moins pour les nombreux voyageurs qui voyaient en cette reprise du transport par bus une délivrance. Et pour cause, en plus d’avoir été ignoré lors des négociations qui ont rassemblé les représentants des transporteurs avec les pouvoirs publics, les citoyens se retrouvent, une fois de plus à payer le prix d’une bataille qu’ils n’ont pas mené. Ainsi, le moment de soulagement passé les citoyens ont été interloqués de découvrir les nouveaux tarifs appliqués par les propriétaires de bus. Au près des citoyens qui n’ont pas supporté de se retrouver pris pour  » le dindon de la farce « , la nouvelle a fait l’effet d’une bombe. Au niveau de l’espace aménagé en gare routière  » provisoire « , plusieurs voyageurs n’ont pas pu dissimuler leurs colères contre les opérateurs privés qui n’ont pas hésité un instant à revoir à la hausse les prix des tickets au dépend du pauvre voyageur qui s’est retrouvé pris au piège. Ainsi, les augmentations ont atteint les 50% pour certaines destinations. C’est le cas du voyage vers Alger, qui côute …180 DA ! , alors que le billet Bejaia-Tizi est passé à 200 dinars au lieu des 140. « Depuis le début de la grève des transporteurs, je fais mes déplacements vers Alger avec, chaque semaine 400 dinars l’aller- retour. A l’annonce de l’arrêt de la grève, j’ai jubilé mais là j’ai plutôt honte pour ces opérateurs qui se sont bien moqués de nous. Finalement, personne ne se soucie du citoyen, chacun regarde ses intérêts et rien d’autre  » dira un usager. De même, les déplacements inter dairas et inter communes au niveau de la wilaya de Tizi Ouzou , sont, eux aussi reévalués de10 dinars de plus pour chaque déplacement vers les autres localités de la wilaya. Par ailleurs, les transporteurs, qui n’ont pas cessé pendant leur grève de réclamer les commodités dont les voyageurs ont, selon eux, besoin, stationnent dans les boulevards et les aires limitrophes à l’ancienne gare routière, sous un soleil de plomb, sans aucune  » commodité « ,depuis 10 jours. Et ce, dans l’attente de l’aménagement total de la nouvelle gare routière de Kaf Naâdja. Au delà de cette durée, les citoyens seraient soumis à encore plus de dépense, ceci en prenant en compte le coût de la navette qu’ils devraient emprunter vers le chef- lieu de la wilaya.  » Ils ne cessent de parler du bien du citoyen. Une chose qu’on ne voit pas venir. Ils se paient plutôt notre tête. Les transporteurs nous imposent des tarifs qu’ils ont confectionné afin de récupérer sur notre dos tous ce qu’ils ont perdu pendant cet arrêt de travail que nul ne leur a imposé ceci sous les yeux complice des pouvoirs publics et de leur directeur aussi, c’est inadmissible », dira un citoyen ulcéré. Avant d’ajouter  » Ils pensent peut-être que la vie n’est pas assez chère pour chercher à nous soutirer le peu d’argent que nous gagnons à la moindre occasion « . Il faut dire que des négociations entre les deux parties, tout le monde est sorti gagnant. Etant donner que ni les transporteurs, encore moins les pouvoirs publics ne sont revenus sur leur décision prises au départ. En effet, sans être revenus vers l’ancienne gare, ils n’ont pas non plus rejoint la nouvelle gare de Kaf Naâdja. Façon de montrer que les deux parties sont demeurées sur leurs positions, l’unique perdant restera bien-sûr le citoyen.

Tassadit Ch.

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