“Le patronat peut se substituer aux banques”

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La substitution aux banques en matière de lignes de crédits par ce patronat interviendrait, selon le conférencier, dans le cas où le jeune promoteur éprouve des difficultés dans le financement de son projet. L’ONPE focalise ses aides surtout en matière d’assistance et d’orientation, devra-t-il encore préciser. Ce nouveau programme sur lequel mise l’organisation de Kerrouche est à même de contribuer à l’absorption et à la lutte conte le chômage. «Le rôle du patronat devra être étendu aux aides qu’elle va apporter aux jeunes entrepreneurs non structurés. La nôtre, en tout cas est différente de celle qui gravite autours des salons et des gouvernements», dira le conférencier. La création d’emplois et les perspectives de développement, notamment à Tizi Ouzou, sont «tributaires du retour à la normale. Celui-ci ne peut être effectif sans la consolidation de la paix» précisera Kerrouche avant de signaler l’adhésion de l’ONPE au projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale. Le rôle que peut jouer l’ONPE dans l’économie locale, à en croire l’orateur, s’articule en la mise en branle d’actions concrètes pour un développement solidaire. Il s’agit, entre autres, de la promotion par des efforts d’orientation de l’investissement, des activités industrielles et commerciales à forte intensité de main-d’œuvre. La particularité dans l’initiative de l’ONPE en faveur du développement est la négociation de financement de masse auprès des banques nationales au profit de promoteurs de projets porteurs pour la région, l’installation de réseaux de solidarité commerciale et économique avec les entreprises locales déjà opérationnelles et le partage des synergies. L’ ONPE, affirme encore Kerrouche, tire sa raison du fait qu’elle s’assigne une identité citoyenne, d’où son engagement à ouvrir un bureau régional à Tizi Ouzou pour fructifier les adhérents à ce projet et encadrer les nouveaux promoteurs. Cette structure régionale aura également à aider, assister et conseiller les nouveaux investisseurs, particulièrement les jeunes de la région, après avoir créer en son sein une commission composée d’experts et de praticiens dans les entreprises. Sur le plan social, en relation avec le développement économique, le conférencier favorise la sensibilisation des jeunes de la région à la création d’activités socialement utiles avec la participation des autorités locales. A ce sujet, Kerrouche ira jusqu’à engager son organisation dans des campagnes que celle-ci prétend faire, dans les communes les plus reculées de la wilaya pour inciter les jeunes chômeurs à créer leur entreprise. Sans trop se verser dans le détail de cette démarche, le conférencier s’appuie beaucoup plus sur l’apport des experts pour la réussite de cette action.L’autre défi que compte mener l’ONPE, est celui de s’attaquer au fléau de l’informel qui gangrène, selon le conférencier, l’économie du pays et le marché de l’emploi. Reste à savoir comment une organisation patronale compte combattre ce fléau au moment où celui-ci a atteint des proportions alarmantes à telle enseigne qu’il représente en Algérie 33,4% du PIB national, soit 20 milliards de dollars sur les 60 milliards de dollars du produit algérien brut, selon le dernier rapport de conjoncture établi par la Banque mondiale. L’initiative est, on ne peut plus encourageante, dans la mesure ou l’ONPE promet de lutter contre le chômage.

M.A.T.

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