l La coquette station balnéaire de Melbou, située à une quarantaine de kilometres au nord-est de la wilaya de Bejaïa, semble hermétique au souffle de la pratique culturelle. Les infrastructures font cruellement défaut et le mouvement associatif traverse une période d’hibernation depuis des années devant l’absence de sources pouvant leur permettre de mener à bien leur mission. La ville sombre de plus en plus dans la léthargie au moment où un profond marasme noie le quotidien d’une jeunesse desoeuvrée et livrée à elle-même, sans la moindre occupation. Et comme la nature ne s’accommode pas du vide, les fléaux sociaux reprennent du poil de la bête. Les jeunes ont donc toute latitude de s’adonner à leur vices préfères ou passer leur temps à ruminer dans les cafés qui poussent comme des herbes folles à la belle saison. « On a cru révolue une certaine époque où parler de culture était une honte, un pis-aller! quand l’étau se desserre autour de l’estomac, la tête exige des chants » c’était la réponse toute faite que sortait furtivement de la bouche de notre interlocuteur. La chape de plomb qui pesait sur la culture était telle qu’elle décourageait toutes initiatives. D’où d’ailleurs, cette tristesse quotidienne, obsédante, qui répudiait le rire et la gaieté. Il était presque tabou de demander à un responsable l’état de la situation culturelle de la région. Question considérée comme maladroite ! mais la réalité est toute crue si l’on comptabilise les 19 années depuis l’insription de Melbou aux rangs des communes avec la succession des différents partis politiques à sa tête (RCD,FFS et FLN). C’était vraiment « kif-kif « , « ekes ali theret boualem », or on constate à présent avec stupéfaction que la culture boîte dramatiquement. Elle est subrepticement mise en congé classée à rang subsidiaire, voir marginale. Pour noyer le spleen et se donner l’illusion fugace de se réconcilier avec eux-mêmes, d’aucuns se paient une journée à la plage. Pour les autres, la parabole est le seul succédané au vide culturel. Elle leur permet au moins de se distraire et de s’abandonner aux caprices de la rêverie. Yacine Bouchilaoune « hitiste », en rupture de mur, il ne sait quoi faire de ses journées. Ironique et pourfendeur, il nous dira: « la culture proprement dite, très peu de gens savent vraiment ce que c’est »,En attendant la vie continue……
Rabah Zerrouk
