La commémoration de la bataille d’Ighil Oumarou survenue en début février 1958 à Taghzout, village relevant de la commune d’Ath Rached, semble susciter encore la polémique ! Pour rappel, les habitants du village s’étaient indignés contre la stèle érigée par les autorités, car elle a été construite sous forme d’un signe religieux. «On ne peut pas s’approprier un fait d’armes pour lui donner une telle connotation», ont jugé ainsi les habitants.
Une fois achevée, cette stèle fut jointe d’une plaque en marbre portant un aperçu historique sur la bataille en question. Cependant, cet aperçu semble «décevoir» ces habitants, ce qui les a poussés à revenir en charge. En effet, dans une missive adressée au wali de Bouira, dont une copie nous a été transmise, ils dénoncent «des ambiguïtés et des falsifications contenues» dans cet aperçu ! Plusieurs années après cette bataille, des générations entières ont visité le terrain de la glorieuse bataille. Des projectiles et autres débris furent constamment récupérés. Plus encore, les débris d’un avion français abattu pendant cette bataille étaient toujours sur les lieux. Les témoignages d’hommes et de femmes ayant vécu à cette époque sur cet avion, ne s’épuisent pas. Sinon, se demandent les habitants dont d’anciens moudjahidine, «à quoi appartiennent ces débris, bien visibles d’un avion, le fameux Mouchard». Cependant, contre toute attente, l’aperçu se portant sur cet évènement n’a pas cité cet avion ! Pis encore, à lire dans la doléance de ces villageois, des noms de moudjahidine tombés dans cette bataille n’ont pas été cités, tandis que d’autres, morts en d’autres occasions, y ont été inclus ! Les habitants qui ont récupéré les débris de cet avion et les gardent comme témoin matériel de la défaite cuisante infligée au colonisateur, disent : «Ceux-là (ces falsifications), visent à minimiser le rôle qu’a accompli la région pendant la guerre de libération». Plus catégoriques, ces habitants refusent que cette bataille soit «l’objet de rendement de comptes entre les uns ou les autres !». Car, ajoutent-ils, «le sang des martyrs ne peut en aucun cas être objet de surenchère». C’est une «irresponsabilité de traiter avec des faits d’armes», dénonce encore cette lettre. Bien entendu, des questions se posent quant à cette «anarchie» et cette «légèreté» de commémorer des évènements historiques aussi importants. Enfin, ces habitants se sont montrés déterminés à ne pas céder et à rétablir la vérité !
L. M.
