L’absence de moyens de transport est un problème sérieux pour les habitants d’Iadjmat, un village de la commune de Timizart.
Ce petit village d’environ 900 habitants connaît un manque criant en matière de moyens pour une vie moderne d’une manière générale. Les villageois se sentent ainsi isolés. A part les quelques magasins d’alimentation générale et une école primaire, le village ne possède aucune autre infrastructure ou moyen de divertissement. Cela dit, le problème qui nuit le plus à la vie quotidienne des citoyens d’Iadjemat, est celui de transport. En plus des prix déraisonnables que proposent les transporteurs, ceux-ci, refusent même d’assurer la liaison entre ce village et d’autres localités, sous prétexte de «l’état déplorable de la route» et «le manque de voyageurs à transporter». Les transporteurs affirment, quant à eux, qu’en effet, «travailler avec ces villageois, n’est qu’une perte de temps sans aucune rentabilité». De leur côté les habitants de Iadjmat expriment leur ras-le-bol et donnent un autre point de vue : les transporteurs abusent, selon eux, du citoyen au maximum, tout en profitant de cette crise de transport pour vite s’enrichir. «La plupart d’entre eux sont des profiteurs. Ils exigent de grosses sommes pour nos déplacements dans les villages voisins, sous prétexte que la route est mauvaise et que la pièce de rechange est chère».
Il y a lieu de signaler que le prix d’une place dans un fourgon menant de souk- El Had, ou de Fréha à Iadjmat dépasse le prix d’une place de Tizi-Ouzou vers Alger. Pour joindre ces deux localités, les habitants doivent au bas mot payer 100, parfois même 150, voire 200 Da. De même pour le transport scolaire dérisoire à Iadjmat. Les enfants de ce village sont en effet obligés de parcourir 3 km à pied pour rallier le collège à Abizar, ou le lycée à Timizart. Pour rappel, l’an dernier, l’APC a mis à la disposition des collégiens un bus qui s’est avéré insuffisant. «Nous sommes nombreux et un seul bus c’est trop peu ! Il nous faut arriver très tôt à l’arrêt pour avoir la chance de se faire une place, dans ce petit bus. Ceux qui le ratent, doivent soit attendre le deuxième voyage et arriver alors en retard pour le premier cours, soit faire le trajet à pieds, ce qui est vraiment une souffrance !», déclare Yacine, un jeune collégien du village. Pour sa part,
Yasmine, partageant le même point de vue, dira : «J’ai complètement perdu l’envie d’étudier. C’est vraiment un cauchemar, surtout en hiver ; je souffre des coups de froid et de la grippe, je me sens toujours fatiguée, et c’est la même chose pour le soir à la maison, je ne peux même pas réviser mes leçons». Quant aux parents, ils expriment leur désarroi face à la situation misérable de leurs enfants. «Cette situation pénalisante influe négativement sur le parcours scolaire de nos enfants. Découragés par de tels désagréments, ils abandonnent facilement leurs études, surtout à l’âge de l’adolescence», s’offusquent-ils.
Le gaz, un rêve lointain…
Iadjmat vit nombre d’autres problèmes tel que celui de l’absence du gaz de ville, contraignant les villageois à recourir au gaz butane. Promis d’année en année, le raccordement du village est devenu juste un rêve pour les habitants. Le manque d’infrastructures et de commodités ne s’arrête pas là. Le volet culturel est aussi absent, il n’y a ni maison de jeunes, ni bibliothèque. Les jeunes passent ainsi leur temps dans les rues et les cafés. Quand ils ne préfèrent pas partir vers Tigzirt pour passer quelques moments prés de la mer, surtout en été.
Concernant, les moyens de communication et des technologies, ils sont complètement introuvables. Mais le pire est à venir : aucune couverture sanitaire n’est assurée dans ce village sans dispensaire et encore moins d’une pharmacie.
Les habitants de cette localité ne cessent pourtant d’exprimer à chaque fois leur colère par plusieurs requêtes, mais en vain.
Iazourene Rabha

