Un terrain agricole envahi par les ordures ménagères

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C’est une surface agricole de plusieurs hectares, mitoyenne du gros centre urbain de Raffour côté ouest qui subit de nouveau une invasion généralisée de sachets multicolores éparpillés par le vent. Ces sachets vides solidement accrochés aux herbes épineuses autour desquelles ils s’enroulent dans un ordre presque parfait semblent être plantés à la main attendant leur désintégration, (biodégradation), un processus qui mettrait de longs mois un décor des plus lugubres pour tout visiteur qui emprunte la RN 26 à l’entrée ouest de Raffour. Ironie du sort : la piste qui sépare ces terrains ensemencés de sachets et la petite ville (jadis coquette) de Raffour, dans le sens de la longueur nord-sud vient de bénéficier d’un projet de revêtement en bitume, une opération qui rentre dans le cadre du plan de modernisation urbaine de ce gros faubourg. Bien que flambant neuve, cette allée longue de quelques 400 m s’est retrouvée complètement dévalorisée et enlaidie par la repoussante présence de ces milliers de sachets sales ajoutés a des amoncellements discontinus de toutes sortes de détritus parmi lesquels rodent et fouinent des chiens errants et autres animaux domestiques attirés par les restes de nourriture qui achèvent de les éparpiller à travers champ. C’est une lamentable situation sur laquelle butent toutes les initiatives des services de voiries de l’APC qui n’arrivent à éliminer ni les opérations cycliques de nettoyage, ni les rotations quotidiennes de ramassage d’ordure menées par une équipe d’éboueurs ni encore moins la mise en place de bacs à ordures et autres poubelles. Il demeure cependant que ce cas relaté n’est que la partie visible de l’iceberg sur ce volet pour la simple raison qu’il est situé en terrain nu à proximité d’une route nationale avec une vue dégagée qui permet une vision complète de l’un des nombreux points noirs en matière de pollution dans la région de M’Chedallah. Le reste des agglomérations ne sont pas logées à meilleure enseigne, sur ce volet et qu’il revient aux pouvoirs publics en collaboration avec la société civile première concernée à travers le mouvement associatif pour engager une réflexion quand aux moyens à mettre en place aux fins de réduire cette catastrophe aux retombées incalculables sur la santé publique en particulier et l’environnement en général. A signaler qu’en ce qui concerne la problématique de ces sachets, plusieurs pays avancés ont opté pour leur suppression définitive et leur remplacement par des paniers à provisions non jetables que les grandes surfaces et les centres commerciaux remettent aux clients qui ne sont servis que sur présentation de ce genre de panier dont l’utilisation s’est généralisée à l’heure actuelle, c’est simple, pratique et beaucoup moins polluant. Hélas ! En attendant que ce genre de «grands remèdes aux grands maux» ne soit mis en application chez nous, la population continuera à se débattre dans ses propres déchets ménagers et les APC à se faire épingler tant par l’opinion publique que par les hautes autorités, à propos de cette invasion généralisée d’immondices dans et autour de l’ensemble des centres habités. La raison réside peut-être dans le fait que s’agissant d’ordures et d’immondices, nos augustes décideurs répugneraient à leur accorder et l’intention et le temps de réflexion nécessaires pour asseoir une politique fiable quant à leur gestion, malgré le risque de voir ces envahissants déchets empoissonner la vie à tout le monde au propre … comme au figuré.

Oulaid Soualah

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