L’adrénaline, une hormone indispensable pour toute intervention chirurgicale ainsi que pour la réanimation après un infarctus du myocarde n’est plus disponible dans plusieurs hôpitaux algériens
La pénurie s’installe et menace de mettre en péril des vies humaines. Les raisons ? M. Ould Abbès incombe la responsabilité aux hôpitaux qui ont gonflé leurs besoins et ont exagéré dans les commandes passées.
Il révélera, jeudi dernier, que 75 000 boîtes d’adrénaline sont périmées au niveau de la PCH. Un manque inquiétant d’adrénaline est signalé depuis plusieurs jours au niveau de plusieurs établissements hospitaliers, ceux du centre du pays. Une pénurie qui handicape ainsi, les services de réanimation mais aussi les différents services de chirurgie dont la présence de cette hormone, indispensable en cas d’intervention chirurgicale. Selon des sources hospitalières, les médecins sont contraints à faire recours à l’injection d’autres drogues pour le cas des interventions et pour ce qui est de la réanimation, il s’agit ni plus ni moins que de pallier l’absence de l’adrénaline par un massage cardiaque. Cette hormone indispensable, l’adrénaline, pratiqué en injection est, selon un médecin spécialiste au niveau de l’hôpital de Tizi Ouzou un “médicament de choix pour le traitement des arrêts cardio-circulatoires, surtout en cas de défaillance du muscle cardiaque sans troubles du rythme. Elle est aussi utilisée dans les chocs anaphylactiques d’origine allergique, et en réanimation, lors de certains états de chocs graves, l’infractus du myocarde”.
Dans ce sillage, un autre médecin interne exerçant au niveau du même hôpital nous fera savoir, à ce propos, que plusieurs malades succombent à un infractus. “Nous n’avons pas d’autres solutions. Nous assistons presque impuissants à cette situation en l’absence de cette hormone vitale», nous confie notre interlocuteur. “Les médecins sont embarrassés et inquiets pour leurs malades. L’adrénaline est en effet, nécessaire pour sauver le patient de la mort car ce médicament lutte contre l’arrêt du cœur. Avec cette pénurie qu’on souhaite éphémère, les médecins ne peuvent souvent qu’assister impuissants à la perte d’une vie humaine», ajoute-t-il. Cette pénurie est nationale et s’est accentuée ces derniers jours au niveau des hôpitaux du centre du pays et Tizi Ouzou ne fait guère exception. bien évidemment et à chaque fois que de telles pénuries sont signalées, c’est les malades qui se trouvent contraints à subir les affres et les conséquences de l’absence d’un produit vital.
La raison ? Le ministre de la Santé dégage toute responsabilité et incombe cette regrettable situation aux directions respectives des établissements hospitaliers notamment ceux de l’intérieur du pays qui ont péché selon ses déclarations faites jeudi dernier en marge de sa visite d’inspection aux services des urgences médicochirurgicales infantiles à l’Etablissement hospitalier universitaire Nafissa Hamoud (ex-Parnet), à Hussein Dey par un manque de planification et une mauvaise programmation et distribution. M. Ould Abbès a cité pour illustrer ses propos, le cas des 75 000 boîtes de produits destinés à l’anesthésie et à la réanimation qui sont périmées au niveau de la pharmacie centrale des hôpitaux (PCH). Pour le premier responsable du secteur de la santé que le fait que les médicaments qui ont, faut-il le souligner, consommé un colossal budget, dépassent leur date de péremption s’explique par les “grandes commandes faites par certains hôpitaux des wilayas de l’intérieur du pays», ces derniers, à la date de péremption des médicaments les renvoient à la PCH car cela dépasse leurs besoins réels. “Cette situation nous cause un déséquilibre», a ajouté M. Ould Abbès. Pour ce dernier qui a indiqué que l’importation des médicaments en Algérie consomme la bagatelle de 1,6 million de dollars, la solution à la pénurie passera, indubitablement, par “plus de rigueur au niveau des hôpitaux et autres établissements de santé publique qui doivent faire connaître leurs réels besoins”. Il s’agit de pénurie de produits anesthésiques, à l’échelle nationale aussi. Contacté Pr Ziri, directeur général du Chu Nedir-Mohamed de Tizi Ouzou, nous fera savoir que son établissement continue à fonctionner malgré le manque constaté.
“Nous n’avons pas ressentie ce manque à notre niveau. Je dois dire qu’il y a des gens malveillants qui profitent de la moindre information pour semer la panique et le doute. À notre niveau, nous pallions tout manque par d’autres molécules “. Ceci dit, il y a lieu de signaler que l’adrénaline n’est pas le seul produit qui fait défaut au niveau des hôpitaux algériens qui font face, semble-t-il, à une grave pénurie de médicaments.
Ces dernières semaines, des médecins ont tiré la sonnette d’alarme quant au manque de certains produits de réanimation et d’autres anesthésiants.
Omar Zeghni

