La rentrée universitaire renvoyée !

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Suite aux mouvements de grève incessants qui ont marqué l’année universitaire écoulée, la reprise semble rude et perturbée, notamment pour les étudiants qui en sont encore aux examens du deuxième semestre

La rentrée universitaire est synonyme, pour tous les étudiants, toutes filières confondues, d’examens de la dernière chance, grâce au rattrapage qui leur ouvrira l’accès au palier supérieur en leur offrant une seconde chance.

Ainsi, plusieurs étudiants qui n’ont pas encore eu la chance de réussir, guettaient le début du mois de septembre pour reprendre, avec les révisions des cours et, de ce fait, avec les examens. Hier, à l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, en plus des nouveaux bacheliers, venus s’imprégner, à l’avance, du  » mouvement de la fac « , comme ils aimaient à le répéter, d’autres étudiants, plus anciens, s’affairaient à déchiffrer le planning des examens de rattrapage qui a été affiché à l’entrée de chaque département. Les étudiants, venus un peu plus nombreux en ce deuxième jour de la reprise du personnel au sein de l’université n’ont qu’un seul mot à la bouche : “Les examens”. D’après l’emploi du temps affiché le coup d’envoi de ces épreuves sera donné à partir du 12 septembre prochain. Après cela, à chaque département sa catégorie d’épreuves qui vont devoir se succéder et le nombre d’examens à passer. La nouveauté cette année, c’est que le retard accumulé au cours de l’année passée a fait reporter les examens de la synthèse, voire même du deuxième semestre, initialement prévus avant les vacances. Une situation qui est la même pour les deux systèmes. En effet, que se soit pour le système classique ou le LMD, l’année écoulée semble se prolonger encore au-delà des vacances. Une situation beaucoup plus pesante pour les étudiants, qui doivent se référer à passer leurs examens du deuxième semestre. Car, contrairement aux étudiants du département des sciences économiques ou des sciences de gestion, d’autres étudiants en sont encore aux examens du deuxième semestre, et pour cause, la précédente année universitaire a connu des mouvements de grève sans pareille ce qui a eu des répercussions sur le déroulement des cours, et avec ça, sur le planning des examens qui s’est vu, lui aussi, chamboulé. Aux départements des langues, les étudiants sont partagées entre ceux qui auront à passer les examens de rattrapage, de la synthèse, ou encore les épreuves du deuxième semestre de l’année précédente. C’est le cas notamment des étudiants en lettres et langue françaises. “Je suis en troisième année français, l’année dernière a été très éprouvante étant donné qu’elle est partie en mouvements de grève. On n’a eu, au cours de l’année, que trois mois de cours, tout au plus. Pour se retrouver, en fin de compte, avec les examens du deuxième semestre au mois de septembre», se plaint un étudiant rencontré sur place. Son camarade n’hésitera pas à enchaîner : “Alors que les autres en profitaient, moi j’ai passé mes vacances à réviser les cours pour dix modules. Ce qui n’a pas manqué de m’agacer, encore plus, c’est qu’on ne sais plus quoi réviser, puisque la courte période de reprise, en fin d’année universitaire écoulée, ne nous a permis que de faire quelques séances avec des cours express. Ce qui fait qu’on se creuse la tête pour comprendre et assimiler seul, le reste du programme qui nous a été proposé pour la plus grande majorité sur polycopiés « .

D’examen en examen, l’étudiant ne s’y retrouve plus !

Il ajoutera, par la suite, que “la situation à l’université au cours de l’année universitaire écoulée et les multiples mouvements de grève enclenchés par les étudiants, nous ont chamboulé et nous ont poussé à devenir autodidactes « , plaisantera-t-il. Ce qui est le plus étonnant, c’est que la plupart des étudiants présents à Hasnaoua n’ont pas pu s’expliquer la raison de la grève qui leur a coûté presque une année universitaire, “c’est à cause des conditions pédagogiques et sociales des étudiants, je penses, qu’un mouvement illimité de grève a été enclenché” dira une étudiante. Avant d’être interrompue par son amie : “Les étudiants étaient contre le système LMD, c’est pour ça que nous avons fait grève.” Ce qui est sûr c’est que la rentrée n’aura pas lieu dans les temps, du moins pour ces étudiants. Le chef du département de français, ne l’entend pas de cette oreille, car d’après lui, « même si la rentrée universitaire va être un peu décalée, pour les étudiants en langue française, le retard ne sera pas significatif comparé aux autres filières. L’enchaînement se fera, le plus normalement possible, entre les différentes épreuves dont le déroulement ne traînera pas tant que ça. Les étudiants devraient facilement s’y retrouver», déclarera le chef de département de français au niveau du campus Hasnaoua. Avant d’ajouter que “la rentrée se fera, au plus tard, début novembre”. Une date dont les étudiants doutent fort. Par ailleurs, l’enchaînement des épreuves évoqué par le chef de département français est, par ailleurs, pointé du doigt par les étudiants qui trouvent que cela “est une surcharge pour les étudiants qui vont payer le retard accumulé l’année dernière. Les examens vont s’enchaîner, des épreuves du deuxième semestre à ceux du rattrapage en passant par les synthèses, tout ça en un laps de temps record qui n’empêchera pas, par ailleurs, la rentrée estudiantine de se voir reportée pour une date ultérieure. L’étudiant n’aura, donc, pas le temps de souffler et devra entamer une nouvelle année. Espérant que la nouvelle année va se dérouler dans des conditions beaucoup plus amènes», déclare un professeur du même département.

T. Ch.

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