Le chômage et la malvie au quotidien

Près de 80% des habitants du village Ivahlal (Aghbalou) estimé à plus de 400 âmes sont des jeunes. Laissés pour compte et marginalisés par l’Etat, comme c’est le cas d’ailleurs des jeunes de toute la Kabylie profonde, ces derniers gèrent, le vide et la lassitude au quotidien, qu’ils soient diplômés ou non, cette situation n’a épargné personne. Il est pratiquement impossible pour un villageois de décrocher un quelconque poste de travail, sitôt qu’un boulot est proposé qu’il est rapidement pris par un citadin ou un pistonné plus proche de la source. « Dénicher un poste de travail en Algérie nécessite d’avoir des bras longs, des contacts solides ou donner la « shipa » » nous dira un jeune cadre en chômage depuis trois ans, qui dit avoir frappé, sans cesse à toutes les portes, mais en vain. Il est vrai que l’éloignement pour ne pas dire l’isolement du village, distant de 65 km du chef-lieu de wilaya, et de 20 km de la daïra de M’chedallah, est une contrainte de taille, au point où les différentes opportunités qu’offre l’Etat pour la résorption du chômage nécessite des moyens et surtout une volonté de fer, les postulants butent toujours sur diverses contraintes dont l’éloignement et bien sûr la bureaucratie… D’autres jeunes désespérés de la malvie au bled n’ont de mot à la bouche que « Tharewlq » la fuite, partir à l’étranger demeure la seule alternative pour eux de se faire une place dans la société. Ils sont d’ailleurs des dizaines à le faire chaque année, et les contraintes des services consulaires semble les dissuader moins que celles de l’administration algérienne. Ceci dit, il n’existe aucune infrastructure sportive ou culturelle dans ce patelin, à l’exception, faut-il le souligner, d’une aire de jeux « Iskarene », que les jeunes d’Ivahlal partagent avec ceux du village voisin » Ath Hamdoun » qui eux aussi n’échappent pas à la règle. Cette déficience à outrance engendre des dérapage incontrôlés parmi certains jeunes qui se retrouvent pris dans les mailles de plusieurs maux sociaux, la sirène d’alarme est tirée, les autorités concernées doivent agir sans attendre en prenant en considération les doléances de ces jeunes désœuvrés, en effectuant un suivi effectif aux programmes de proximité et autres visant à lutter contre le chômage en général et à l’exode rural surtout, puisque à ce rythme, dans quelques années, il ne restera plus un chat dans nos villages.

Rayane B.