De l’avis de nombreux citoyens de Kallous, l’extinction trop rapide, en 2006, des activités de l’association du village, est pour beaucoup dans les retards cumulés pour la concrétisation des projets prévus dans la localité. Parmi ceux-ci figure celui des logements sociaux, lancé pourtant en priorité en 2000, avant même la généralisation du programme LSP dans d’autres communes de Bouira, du fait de l’habitat précaire, datant de 1957, caractérisant la localité. Kallous n’a pas su profiter de cette faveur, puisque sur les 163 logements retenus à sa faveur, seuls 61 ont été distribués, soit un taux de concrétisation d’à peine 37%. Il n’est pas utile de signaler que le bâti de l’ère coloniale traîne, depuis des lustres, un réseau d’assainissement complètement bouché. Un réseau inutile et non fonctionnel qui a contraint les occupants à se rabattre sur les fosses sceptiques, ce qui les expose quotidiennement aux MTH. Déjà des résidents, tel Boualem le gérant de l’unique café de Kallous, se plaignent de maladies chroniques dues, selon eux, à l’emplacement de Kallous sur une rive de l’oued Djemaâ. Quelques uns d’entre ceux-ci, y compris Boualem, ont bénéficié d’une carte Chiffa et d’un accès à la polyclinique de Aomar pour les soins, mais pour d’autres, pas encore. Ils seraient au nombre de 11 malades au total. Sur le plan sanitaire, toujours, les villageois disent qu’ils ne peuvent prétendre à une hygiène de vie acceptable tant qu’ils consomment encore une eau douteuse, au goût amère et à l’odeur nauséabonde, puisée du puits creusé à oued Djemaâ. Des conditions sanitaires meilleures, ils comptent y parvenir mais seulement lorsque Kallous sera reliée au barrage de Koudiet Acerdoune, un projet programmé pour fin 2011. Cette dotation ne va qu’atténuer, un tant soit peu, la déception, puisque les habitants de l’unique hameau relevant de Kallous sont montés au créneau en participant à une action de protestation et à une descente dans la rue, organisée cet été par des citoyens d’Aomar. La raison, dit-on à Kallous, est que 12 foyers de Souadek n’ont pas été touchés par le projet de réhabilitation de la voie d’accès vers le hameau.
A. Chérif
