Accueil A la une Affaires montage automobile et financement occulte de la campagne présidentielle de 2019:...

Affaires montage automobile et financement occulte de la campagne présidentielle de 2019: poursuite des auditions

172

La chambre pénale près la Cour d’Alger a repris mercredi le procès des affaires du montage automobile et du financement occulte de la campagne présidentielle de 2019 par l’audition de plusieurs accusés dont des hommes d’affaires et des cadres impliqués.

Entendu, au troisième jour du procès tenu en visioconférence depuis la prison de Chlef, l’accusé Fares Sellal, fils de l’ancien Premier ministre a nié toutes les accusations qui lui sont reprochées, notamment le conflit d’intérêts avec la fonction de son père (Premier ministre).

Il a avoué, par contre, qu’il était actionnaire dans l’entreprise de commercialisation de la marque de voiture « Mazda » possédée par deux accusés dans la même affaire: MM. Mazouz Ahmed et Mohamed Bairi, entre 2014 et 2016 lorsque Sellal père était déjà en poste de Premier ministre.Auditionné à son tour, depuis le même établissement pénitentiaire, l’homme d’affaires Larbaoui Hassen a nié toues les charges qui lui sont reprochées, affirmant que l’agrément pour le montage de la marque Coréenne « KIA » lui a été octroyé « de manière légale ».Il a également nié, en bloc, tout partenariat avec l’ancien ministre de l’Industrie en fuite, Abdeslam Bouchouareb dans ses investissements.

Confronté à l’accusé, l’ancien ministre de l’Industrie, Youcef Yousfi a déclaré avoir vérifié qu’il n’y avait aucun lien entre l’homme d’affaires incarcéré et l’ancien ministre en cavale ».

Dans le même sillage, l’accusé Hassen Larbaoui a réfuté « avoir contribué à la campagne présidentielle de l’ancien président, Abdelaziz Bouteflika avec 20 mds de centimes, des véhicules et d’autres équipements ».

L’ancien président du Forum des chefs d’entreprises (FCE), Ali Haddad, s’est, quant à lui, défendu d’avoir été contacté par qui que ce soit pour collecter des fonds pour la campagne électorale du cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika.

L’accusé a indiqué que le frère de l’ancien président, Saïd Bouteflika, « lui a demandé de lui adresser un comptable de confiance pour travailler à la direction de campagne » avant de « lui demander de déposer 6,5 milliards de centimes au siège du groupe ETRHB Haddad à Dar El Beïda (Alger) », soulignant que le FCE « agissait sur ordre de la Présidence et du Premier ministère ».

Lors d’une confrontation entre Ali Haddad et Abelmalek Sellal, en sa qualité d’ancien directeur de la campagne électorale, ce dernier a argué que « le directeur de campagne ne suivait pas l’aspect financier », soulignant que le siège de la direction de campagne était « civil » et « ne relevait d’aucune formation politique ». Il a ajouté qu’à son départ de la direction de campagne « aucun mouvement financier n’a été enregistré sur les comptes de campagne ». L’ancien directeur de campagne, Abdelghani Zaâlane, a, pour sa part, déclaré par visioconférence à partir de prison de Koléa (Tipasa) « n’avoir aucune idée des fonds de la campagne électorale de l’ancien président ».

Les accusés en liberté Malek Hadj Saïd (cadre à l’ETRHB Haddad) et Aourane Ahmed (employé à la direction de la campagne électorale) ont également comparu lors de la même audience.

Les autres accusés dans cette affaire seront entendus dans l’après-midi. Sont poursuivis dans ce dossier, qui a été reprogrammé après que la Cour suprême a accepté le pourvoi en cassation introduit par la défense des accusés, les anciens Premiers ministres, Ouyahia et Sellal, les anciens ministres de l’Industrie, Youcef Yousfi, Mahdjoub Bedda et Abdeslam Bouchouareb, l’ancien ministre des Transports et des Travaux publics, Abdelghani Zaâlane, ainsi que des cadres du ministère de l’Industrie et des hommes d’affaires.