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TIZI OUZOU - 35e vendredi de marches contre le système

En hommage à Krim et Yefsah

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La 35ème marche du vendredi à Tizi Ouzou a été marquée par un vibrant hommage rendu à deux personnalités de la wilaya, à savoir Krim Belkacem, l’un des plus grand héros de la guerre de libération nationale, et Smaïl Yefsah, journaliste de la région assassiné le 18 octobre 1993. C’est donc un rendez-vous avec l’Histoire qui a eu lieu hier à Tizi Ouzou à l’occasion du 49ème anniversaire de l’assassinat de Krim Belkacem. Cette date historique et symbolique a coïncidé avec ce énième rendez-vous hebdomadaire du «Hirak». La participation populaire est toujours de mise. Toutes les tranches d’âges et toutes les couches sociales ont pris part à cette manifestation, dont des vieilles femmes vêtues de la traditionnelle robe kabyle aux côtés de jeunes filles et de jeunes dames habillées à l’occidentale.

Les enfants et les adolescents étaient également de la partie pour revendiquer haut et fort une Algérie meilleure et une démocratie majeure, un slogan très en vogue qui revient chaque vendredi dans la ville de Tizi Ouzou. Les manifestants ont emprunté le trajet habituel qui les a menés du boulevard Lamali Ahmed vers le boulevard Larbi Ben M’hidi en passant par la grande rue (ou la rue Abane Ramdane). Des centaines de drapeaux nationaux et de drapeaux amazighs, des dizaines de portraits de détenus d’opinion dont Lakhdar Bouregâa et Karim Tabbou mais aussi Samira de Messouci et les autres prisonniers étaient exhibés tout au long de la marche.

Il y avait des centaines de banderoles et de pancartes sur lesquelles on pouvait lire, dans les trois langues (française, amazighe et arabe) les mots d’ordre mis en avant. Des slogans qui s’opposent à la loi sur les hydrocarbures, contre la loi de finance 2020, contre la tenue des élections présidentielles prévues le 12 décembre 2019 sans le départ de tous les symboles de l’ancien système, l’exigence d’un changement radical du système politique qui dirige le pays ainsi que l’attachement indéfectible des enfants de la région à leur amazighité.

L’esprit pacifique et fraternel était de mise hier et aucun incident n’a été enregistré en dépit du nombre impressionnant des manifestants ayant pris part à l’action en question. Mieux encore, c’est dans une ambiance complètement festive que s’est déroulée la marche. Les manifestants ont passé de longs moments à exprimer leurs revendications sous des airs de chants donnant lieu à des scènes ressemblant à celle d’un véritable festival culturel. La foule s’est dispersée dans le calme devant le carrefour Matoub Lounès à la sortie ouest de la ville.

Aomar M.