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Béjaïa - 63e commémoration du Congrès de la Soummam

Ressourcement à Ifri

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La commémoration du 63e anniversaire du congrès de la Soummam cette année a été l’occasion pour de nombreux citoyens, citoyennes et responsables politiques de réitérer leur attachement aux valeurs et aux résolutions de sa plate-forme.

C’est dans un contexte particulier, caractérisé par la crise politique et la contestation populaire contre le système, qu’intervient cette année la commémoration du Congrès de la Soummam. Le village Ifri, dans la commune d’Ouzellaguen, fut un lieu de pèlerinage pour les nombreuses personnes qui, par engagement militant, devoir de mémoire ou simple curiosité, se sont rendues sur les lieux. On ne peut parler de grande foule comme ce fut le cas l’année dernière par exemple, mais les fidèles ont marqué leur présence.

À l’arrivée sur les lieux, le constat est frappant. Aucune présence sécuritaire déployée que ce soit sur la route ou sur place. Ni gendarmerie ni police. La sécurité était assurée par de simples vigiles et tout s’est déroulé dans les meilleures conditions. Aucun incident signalé. Au niveau de l’esplanade, deux scènes ont été montées. Une par les partisans des forces de l’alternative démocratique, qui se sont donné rendez-vous pour un grand meeting populaire sur les lieux. La seconde par le collectif d’Ouzellaguen pour la libération des détenus. Des militants politiques de différents partis étaient présents, notamment ceux du FFS venus en force, et comme à l’accoutumée reconnaissables à leurs casquettes blanches estampillées du logo du parti.

L’on a noté la présence de la direction nationale du parti à travers son premier secrétaire, Hakim Belahcel, le coordinateur de l’instance présidentielle Ali Laskri, ainsi qu’Ahmed Djedai et d’autres. D’autres responsables politiques et militants associatifs ont marqué également de leur présence cette journée commémorative. Il y avait Mohcine Belabbes du RCD ; Fathi Ghares du MDS ; Zoubida Assoul de l’UCP ; Djamel Zenati ; l’avocat Mokrane Aït Larbi ; des représentants du PST ; Youcef Taazibt du PT ; Karim Tabbou ; ainsi que les représentants des déférentes organisations et associations de Chouhada, Moudjahidine, des scouts, mais aussi de simples citoyens.

Depuis Ifri, les présents ont réitéré leur attachement aux valeurs du Congrès de la Soummam, et aux exigences du mouvement populaire que sont «la primauté du civil sur le militaire», «le départ du système», «la libération des détenus» et «l’instauration d’une deuxième République démocratique et populaire». Ce fut à travers des slogans, scandés à haute voix que ces exigences populaires ont été exprimées à Ifri : «Système dégage» ; «Madania machi 3askaria» ; «Djazair Hourra dimocratia» ; «La intikhabat m3a el issabat» ; «Karim Younes dégage» ; «Non au dialogue» ; «Klito leblad ya saraquine» ; «Libérez Bouregaa» ou encore «Libérez les détenus»…

Vers 10 heures, les forces de l’alternative démocratique ont pris place pour commencer le meeting. Le FFS, à travers les interventions de Hakim Belahcel et Ali Laskri, a plaidé pour «l’unification du pays autour de la nécessité d’un État civil, démocratique et social». «Un État de droit où toutes les libertés seront consacrées», a-t-on insisté. Pour la sortie de crise, le parti a plaidé pour une période de «transition démocratique, négociée, sincère et transparente, pour recouvrer les droits, notamment celui de l’autodétermination».

Pour le FFS, «les exigences de la crise multiforme que vit le pays ne peuvent se soustraire à un impératif politique inscrit dans les principes du Congrès de la Soummam, à savoir la primauté du politique sur le militaire». Les intervenants ajouteront que la situation politique du pays est aujourd’hui «confrontée à une double impasse».

À propos de la programmation d’une élection présidentielle dans le contexte actuel, le FFS considère qu’elle va «amplifier la crise». Le représentant du PT, pour sa part, a renouvelé l’appel à la «libération de la détenue politique Louiza Hanoune», pointant du doigt «un système qui constitue un danger pour le pays». Fethi Ghares, du MDS, a lui salué «l’esprit révolutionnaire des Algériens» et dénoncé «les tentatives de division du peuple en instrumentalisant l’Histoire», rappelant le 1er Novembre et le Congrès de la Soummam et considérant le premier comme «la proclamation» et le second comme «la confirmation» de la volonté du peuple. L’avocat et militant Aït Larbi a appelé à «l’union du peuple algérien». Plusieurs autres intervenants prendront la parole, hormis les représentants du RCD qui se sont abstenus. À peine ce meeting terminé, un autre rassemblement commença, initié par le collectif d’Ouzellaguen pour la libération des détenus.

Comme son nom l’indique, le motif est donc le soutien aux détenus d’opinions. Là aussi, plusieurs interventions eurent lieu, notamment celle de Karim Tabbou. Outre ces deux meetings, les délégations présentes sur les lieux ont toutes déposé des gerbes de fleurs à la mémoire des martyrs de la révolution. À la mi-journée, citoyens et délégations continuaient d’affluer sur les lieux qui n’ont pas désempli de toute la journée de ce 20 Août qui coïncide également avec le 64e anniversaire des événements du Nord constantinois en 1955. Cette journée est aussi instituée Journée nationale du Moudjahid.
Kamela Haddoum.