Le secteur de la santé, au niveau de la daïra de Bordj Okhriss, à l’extrême-sud de la wilaya de Bouira, est mal en point.
Les citoyens de cette daïra composée de trois communes, à savoir Bordk Okhriss, Mesdour et Hadjra Zergua, ont dénoncé à maintes reprises un manque important d’infrastructures de santé publique. Ces citoyens ne cessent d’interpeller les responsables de la direction de la santé sur cette situation, via des requêtes et des lettres souvent rendues publiques.
Selon les plaignants, les deux salles de soins ainsi que la polyclinique «Mohammed Boudiaf» que compte cette daïra des hauts plateaux n’offrent désormais aucun service et pour chaque opération ou consultation, les citoyens sont obligés de se déplacer vers l’hôpital de Sour El-Ghozlane ou vers les structures de soins des communes limitrophes de la wilaya de M’Sila.
Le projet pour la réalisation d’un hôpital de 40 lits lancé depuis 2007 n’a toujours pas été achevé et ce, malgré les promesses et les engagements des responsables du secteur pour le livrer au début de l’année 2017. Pire encore, le taux d’avancement des travaux de ce projet ne dépasse pas actuellement les 30 % alors que la cadence des travaux de réalisation reste faible, selon les citoyens de cette localité. «La polyclinique Mohammed Boudiaf du chef-lieu manque énormément de moyens humains et matériels. Elle est par exemple dépourvue même des petits outils médicaux pour des petites opérations comme un changement de pansement ou une simple injection. Cela sans parler des deux salles de soins des communes de Mesdour et de Hadjra Zergua qui ne disposent même pas d’un médecin généraliste. Nous avons aussi réclamé l’ouverture d’une maternité et d’un service des urgences au niveau de la policlinique du chef-lieu, mais en vain, les responsables locaux et ceux de la direction de la santé, ne font que des promesses sans les tenir.
L’exemple le plus intrigant est celui du projet de réalisation d’un hôpital, qui n’a pas été achevé depuis 2007 ! Plusieurs responsables, dont l’ancien ministre Abdelmalek Boudiaf, se sont déplacés sur les lieux et se sont engagés à relancer les travaux, mais en vain. Malgré le changement à plusieurs reprises des entreprises réalisatrices, ce projet si important pour nous reste au point mort et n’est toujours pas livré 12 ans après le lancement des travaux», se désole Omar. R, un jeune de la commune de Bordj Okhriss.
Notre interlocuteur assure que les évacuations vers l’hôpital de Sour El-Ghozlane, sont devenues systématiques au niveau de la polyclinique de Bordk Okhriss, et ce, en raison du manque de moyens et de médecins exerçants. «La polyclinique du chef-lieu est dépourvue de tous les moyens nécessaires et elle manque aussi d’effectifs médicaux et paramédicaux. Les patients sont automatiquement orientés vers l’hôpital de Sour El-Ghozlane sur plus de 30 km, c’est les proches des patients qui les transportent avec leur propre moyen, car notre daïra ne dispose même pas d’une ambulance».
Ni pharmacie de garde, ni maternité dans la localité, d’autres citoyens ont dénoncé le manque de pharmacies au niveau de cette daïra, ainsi que le non respect du système de permanence et de garde, notamment de nuit et durant les weekends ou les jours fériés. L’absence d’une maternité et de médecins gynécologues dans cette région et l’autre problème soulevé par les citoyens, qui assurent que les parturientes se déplacent jusqu’à Sidi Aïssa dans la wilaya de M’Sila pour le suivi de leurs grossesses ou pour un accouchement.
«Le secteur de la santé au niveau de notre daïra est vraiment malade. En plus du manque de moyens au niveau de la polyclinique, les pharmacies manquent énormément et celles existantes ne respectent pas l’obligation de permanence durant les nuits et les weekends. Vendredi dernier par exemple, j’ai fait le tour des trois pharmacies du chef-lieu pour acheter un médicament à mon petit-fils malade, mais ces pharmacies étaient toutes fermées avant même 16h. J’ai été obligé donc de louer un taxi clandestin jusqu’à Sour El-Ghozlane pour trouver une pharmacie de garde et acheter ce médicament. L’ouverture d’une maternité au niveau de notre localité s’impose désormais, surtout que les parturientes souffrent de l’absence du suivi médical ici. Elles sont obligées de se déplacer vers l’hôpital de Sidi Aïssa, puisque même l’hôpital de Sour El-Ghozlane ne dispose pas d’un médecin gynécologue»,explique un autre habitant de cette localité.
Notre interlocuteur souhaite l’intervention des responsables de la direction de la santé afin d’améliorer la prise en charge médicale au niveau de cette localité isolée de la wilaya de Bouira. Le système de garde pour les pharmacies est obligatoire. La direction de la santé doit intervenir rapidement et imposer ce système et infliger des sanctions aux pharmaciens de Bordj Okhriss qui ne se soucient visiblement pas de la santé de la population.
Oussama Khitouche

