Acquittement pour cinq prévenus

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Le tribunal de Bab El Oued (Cour d’Alger) a acquitté, hier mercredi, cinq jeunes arrêtés lors des marches populaires pour « atteinte à l’unité nationale ». Le juge a prononcé, aux premières heures de la journée, un verdict acquittant cinq jeunes placés en détention provisoire pour « port d’emblème autre que l’emblème national », à entendre par là l’emblème amazigh, lors des marches populaires. Le tribunal de Sidi M’hamed avait rendu, mardi, un verdict d’une année de prison ferme, dont six avec sursis assortie d’une amende de 30.000 DA à l’encontre de vingt-et-un jeunes et un autre verdict de six mois de prison ferme assortie d’une amende de 20.000 DA à l’encontre de six autres pour « atteinte à l’unité nationale ».

Une autre audience a été programmée pour le lundi prochain afin de statuer dans les dossiers de 20 autres jeunes poursuivis pour les mêmes charges, dont 9 sont placés sous contrôle judiciaire et 11 en détention provisoire.

Soulagement à Haïzer

Les citoyens de Haïzer ont manifesté leur soulagement, hier matin, en apprenant l’acquittement des 5 détenus qui ont comparu devant le tribunal de Bab El Oued. Parmi les cinq manifestants, trois jeunes de Haïzer, à savoir Hamza Karoun, Akbi Akli et Lakhel Ali, en détention provisoire deux jours après la 18e marche populaire à Alger à laquelle ils avaient pris part. Les autres manifestants également acquittés par le tribunal de Bab El Oued sont Mohand Boudjemil et Kamel Belkeha. Pour Meziane Chabane, élu RCD à l’APW de Bouira, l’acquittement prononcé est un «soulagement» mais il ne faut pas oublier, ajoute-t-il, que la relaxe a été prononcée sous la pression populaire : «C’est grâce à la formidable mobilisation populaire au quotidien que nos jeunes ont été libérés, mais nous exigeons la libération de l’ensemble des détenus.

La résistance face à la répression depuis le 22 février dernier fait vaciller le pouvoir, sinon comment expliquer le phénomène des deux poids deux mesures appliqué pour les manifestants ayant brandi le drapeau amazigh ? Le tribunal de Sidi M’hamed s’appuie-t-il sur une Constitution autre que la Constitution algérienne ? Tous les porteurs du drapeau amazigh ont été placés en détention pour le même motif, mais leurs procès et les verdicts diffèrent d’un tribunal à un autre», s’étonne Meziane Chabane, affirmant que les marches de soutien et actions de rue continueront jusqu’à la libération de tous les détenus : «Au niveau de la daïra de Haïzer, il reste encore le militant du RAJ Aïssous Massinissa qui croupit en prison avec ses camarades. Nous avons une pensée particulière à tous ces détenus et nous demeureront mobilisés jusqu’au bout», insiste-t-il.

Hafidh B. et agence

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