AKBOU – Marché hebdomadaire – Anarchie et insalubrité

Le manque d’hygiène, de salubrité et d’organisation continuent de défigurer l’image de nos marchés. Une situation due au mauvais comportement de certains commerçants de fortune qui viennent s’y installer pour exposer à même le sol leurs marchandises. Parmi ces aliments, on peut citer les produits carnés et les viandes blanches cédés à des prix défiant toute concurrence mais dont la qualité pourrait être douteuse, sans oublier leur non-estampillage.

Ils sont même parfois à l’origine d’intoxications alimentaires, affectant les personnes ayant fait leurs emplettes dans ces marchés hebdomadaires. «Souk N Bouizan», communément appelé par les habitants d’Akbou, est un exemple édifiant de ce genre d’espaces où ses pratiques ont la peau dure. Situé à la périphérie de la ville, il se tient tous les lundis et draine des milliers de personnes. Mais cet endroit, où se regroupe une foule de personnes à la recherche de bonnes occasions, réserve souvent de mauvaises surprises.

En effet, il n’est pas rare de voir dans cet énorme souk des marchandises exposées aux éléments de la nature : le vent, la poussière et les rayons du soleil. Un manque d’hygiène qui ne fait qu’augmenter les risques menaçant la santé des consommateurs. Malheureusement, malgré leur caractère nuisible, ces pratiques commerciales sont toujours encouragées par le laisser-aller des services censés veiller à l’hygiène, la sécurité sanitaire et la qualité, a-t-on signalé.

«Ils ne sont inquiétés ni par les services de sécurité ni par les services de l’APC et encore moins par ceux du commerce», a indiqué un sexagénaire rencontré sur les lieux. Ainsi, en dépit de l’urgence de la situation, l’inspection du commerce ne semble pas concernée par ces pratiques, a-ton ajouté. Concernant l’hygiène, les citoyens ont remarqué que le laxisme des autorités encourage certaines pratiques dangereuses, dont l’exposition par ces commerçants indélicats de légumes, fruits et surtout des denrées alimentaires périssables à longueur de journée.

Il en est de même pour le poisson qui est vendu sans aucun respect des normes de base. Dans le même registre, il est à noter que les propriétaires de carreaux réservés à la vente de poissons et de viandes font fi des règles élémentaires d’hygiène. Cependant, la question qui taraude les esprits est de savoir si les services d’hygiène ont les coudées franches pour sévir contre, notamment, les commerçants qui fourguent aux consommateurs des produits avariés ? Les nombreux citoyens, nonobstant l’importance dudit marché, se plaignent ainsi des mauvaises conditions d’hygiène et de conservation des produits par ces marchands sans scrupule, alors que d’autres, alléchés par les prix, s’en approvisionnent sans se soucier de leur qualité.

Et pourtant, la loi encadre de manière très stricte les activités commerciales et des normes de qualité sont imposées pour la conservation des denrées alimentaires. Cela suppose que la discipline doit être de rigueur, en matière de pratiques commerciales et que l’anarchie qui y règne et que résument la fraude et la non-conformité des produits étalés doit être éliminée. Par ailleurs, en ce qui concerne les petites garrottes de fortune, le constat est également alarmant.

Des lieux incontournables pour les consommateurs, où le danger d’intoxication alimentaire est quasi omniprésent. Et pour cause. L’hygiène est souvent reléguée à l’arrière-plan. Les sandwichs côtoient poussière, odeurs nauséabondes et moustiques, au su et au vu de tout le monde. Le hic dans tout cela, c’est que des personnes de tout bord viennent y manger sans prêter attention à l’absence d’hygiène.

A vrai dire, il ne faut pas être un spécialiste pour savoir que l’exposition de toutes sortes de produits de consommation dans la rue augmente les risques de contamination et de prolifération microbienne. Le malheur, c’est qu’à la fin de la journée, des tas de produits maraîchers fangeux sont abandonnés sur les lieux, laissant le soin aux agents de la voirie de tout nettoyer, s’ils daignent, bien sûr, passer par là, ont souligné des citoyens.

Bachir Djaider