CHORFA – Berges de l’Oued Sahel – Avancée inquiétante de la pollution

Sur les berges et le lit de l’Oued Sahel, qui coule à travers plusieurs communes de la Vallée du Sahel, notamment Chorfa, les ordures ménagères et industrielles continuent à s’entasser de façon inquiétante, sans susciter la moindre réaction de la part des pouvoirs publics.

En effet, ce cours d’eau, qui est aussi l’un des affluents de l’Oued Soummam à quelques dizaines de kilomètres en aval, est en proie à l’avancée imparable des déchets en tous genres.

Dans la localité de Toghza, par où coule aussi cette rivière, les choses ne renvoient guère à l’optimisme, car cet oued subit les affres de la pollution à grande échelle et sans discontinuer. Sur les berges de cette rivière le spectacle dépasse tout entendement: des détritus en tous genres jonchent le lit dans un chaos indescriptible.

Des monticules de débris de constructions et des gravats s’amoncellent ici et là, des amas de déchets ménagers, des emballages de boissons alcoolisées, des fientes de volailles, des résidus en plastique, de la ferraille usagée, des pneus usés et bien d’autres déchets jalonnent cette rivière « préludant d’une catastrophe écologique si d’ici là rien n’est entrepris » avertissent les amoureux de la nature. Le constat est d’autant plus poignant aux environs du pont métallique de la voie ferrée qui passe par cette localité, où les eaux usées et des tonnes de déchets sont rejetées quotidiennement dans ces lieux parsemés de tamaris verdoyants toute l’année.

Et comme la plupart des poulaillers sont implantés à proximité de cet oued, les déchets avicoles sont jetés sans aucun ménagement sur le lit et les berges de cette rivière dont le débit des eaux a baissé drastiquement ces dernières semaines et ce, à cause de la sécheresse et de la chaleur qui accentue l’évaporation des eaux de ce cours d’eau.

« C’est vraiment désolant que de constater toute cette pollution qui avance de façon inexorable dans tous les sens surtout dans l’Oued Sahel, censé être sain et propre. Les déchets sont jetés sans discontinuité dans le lit et les berges de l’Oued Sahel, ce qui ne présage rien de bon, d’autant plus que des forages existent aux alentours du pont métallique. Il est plus qu’urgent de trouver une solution durable à toute cette pollution, car l’environnement et la santé publique sont plus que jamais menacés.  » affirme le cœur serré un habitant de Toghza.

Il est utile de noter que le ministère de l’intérieur a annoncé cette semaine que la direction générale de la sûreté nationale (DGSN) est sur le point de lancer une police de l’environnement. Cette nouvelle unité de la police aura pour mission de lutter contre les atteintes à l’environnement, aux ressources naturelles, la déforestation, les feux de forêt, la pollution des espaces verts, le pillage du sable… Cette police aura du pain sur la planche surtout si l’on sait que les atteintes à l’environnement ont explosé et se sont même banalisées.

Y. S.