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Malika Gaïd (1933-1957)

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l De tout temps, l’Algérie a enfanté des héroïnes, illustres ou anonymes, qui ont laissé pour la postérité le souvenir de femmes courageuses, braves, qui ont donné l’exemple de sacrifice suprême pour la liberté et l’indépendance de notre pays. L’histoire regorge d’exemples de ces valeureuses Algériennes à travers toutes les époques durant lesquelles notre patrie a eu à affronter les invasions, les attaques et les agressions de toutes sortes.

Parmi ces dignes filles de l’Algérie, Malika Gaïd, dont les habitants des montagnes de Béni Yala, en Petite Kabylie, ont célébré le 50e anniversaire de sa mort, le 28 juin dernier, dans son village natal, Timengache (commune et daïra de Guenzet, wilaya de Sétif).

Née le 24 août 1933 à Belcourt (Alger), au sein d’une famille modeste mais lettrée, elle entra à l’école primaire, puis suivit les siens à Bordj Bou Arréridj et obtint le certificat d’études primaires (CEP), en 1945. Admise à l’école paramédicale de Sétif, en 1948, elle en ressortit en 1951 avec un diplôme d’infirmière sage-femme et travailla à l’hôpital de Kherrata durant quelques mois. Elle fut mutée à Lafayette (Bougaâ), ensuite à Guenzet où elle fut maintenue jusqu’en été 1956. Durant cette période, l’esprit patriotique et la foi révolutionnaire qui animaient la jeune Malika l’amenèrent à s’engager dans l’aide illimitée à la révolution en fournissant des médicaments —subtilisés à l’administration coloniale —, en soignant les moudjahidine, en prodiguant des conseils dans le domaine médical et en assurant l’assistance voulue dans le secret absolu.

A la demande du colonel Amirouche, chef de la Wilaya III, elle quitta la région de Béni Yala pour la vallée de la Soummam, et là, elle fut intégrée au service médical de l’ALN, lors du Congrès historique du 20 Août 1956. Désormais, elle suivit partout l’état-major du célèbre révolutionnaire.

Une opération militaire française de grande envergure, dirigée par le colonel parachutiste Bigeard, mit fin, dans la région d’Iwaquran, à l’épopée de cette valeureuse moudjahida, le 28 juin 1957, après un combat sanglant à l’issue duquel elle succomba, les armes à la main, âgée d’à peine 24 ans.

Le combat de Malika Gaïd ne fut pas vain, et son nom restera gravé à jamais parmi les meilleurs fils et filles de l’Algérie.

Rachid Mihoubi