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IBOUDRAREN - Recueillement hier à Aït Eurbah

Mohya revisité

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À l’occasion de la commémoration du 15e anniversaire de la disparition du grand poète et dramaturge Mohand U Yehia, l’édition 2019 du prix Mohya d’Or de la meilleure dramaturgie en tamazight a été lancée hier. Le recueil d’œuvre adaptée en tamazight se poursuivra jusqu’au 27 mars prochain, a annoncé Hocine Haddou, chef du service programmation au théâtre Kateb Yacinede de Tizi Ouzou et Ouahioune Saliha cadre du secteur de la culture à Tizi Ouzou, à l’occasion du recueillement qui a eu lieu au niveau du cimetière du village Aït Eurbah, où a été enterré le grand poète dramaturge Mohya.

À cette cérémonie, en plus des citoyens du village et des environs, il y avait aussi le maire de Tizi Ouzou Ouahab Aït Menguellat qui n’a jamais raté le rituel rendez-vous, en plus du maire et d’élus de la commune d’Iboudraren et du député Aït Hamouda. En plus de ces officiels, il y avait aussi Nouredine Aït Slimane qui a traduit le Foehn -la preuve par neuf- œuvre de Mouloud Mammeri et non moins dramaturge et animateur radio. Nouredine Aït Slimane qui, pour rendre hommage à Abdella Mohya, a déclamé comme il n’y a que lui qui sait le faire de cette façon un des poèmes de Mohya «Inɛal ddin yemma-tsen».

De son côté, l’acteur, qui a joué à maintes reprises dans les pièces de Mohya, Hocine Aït Guenni a lui aussi rendu hommage au grand dramaturge Mohya par la lecture d’un poème. Pour rappel, feu Muhend U Yehia de son vrai nom Abdellah Mohia est originaire du village Aït Eurbah dans la commune des At Budrar, relevant de la daïra d’Ath Yenni. Né un certain 1er novembre 1950, ce père fondateur du théâtre d’expression amazighe et homme de lettre et de culture a, par son œuvre monumental, contribué grandement à la promotion et au rayonnement de tamazight.

Nombre de ses textes ont été interprétés par plusieurs artistes d’expression kabyle, à l’exemple de Slimane Chabi, Ali Ideflawen, Idir, Malika Domrane et d’autres… Mohya est passé maître dans l’art du théâtre et de l’adaptation vers la langue de Mammeri, le kabyle, ceci dans le but de le (le kabyle) mettre à la portée de tous et de le vulgariser, des œuvres de grands noms du théatre universel en adaptant à titre d’exemple « En attendant Godot» (Am win yettraǧun Rebbi) de Samuel Beckett, «La décision» (Aneggaru ad d-yerr tawwurt) ainsi que «L’exception et la règle» (Llemm-ik ddu d uḍaṛ-ik) de Berthold Brecht, la plus connue «La jarre» (Tacbaylit) de Luigi Pirandello et d’autres encore, à l’image de SI Nistri, la farce de maître Pathelin, Si Lehlu Le médecin malgré lui ou Si Partuf Tartuffe du grand Molière. À toutes ces œuvres adaptées par le dramaturge Mohya Abdella, on peut aussi citer «les émigrés (Sin-nni) de l’écrivain polonais Slawomir Mrozek ou encore «Pauvre Martin» (Muḥ n Muh) de Georges Brassens.

Ce grand militant de la cause amazighe et non moins aussi grand dramaturge et poète, Muhend U Yehia, nous as quitté il y a 15 ans jour pour jour, un certain 7 décembre 2004 des suites d’une longues maladie à Paris. Il sera rapatrié et enterré dans le village Aït Eurbah dans la commune des At Budrar.

M. A. B