Après l’exceptionnelle pluviométrie et les abondantes chutes de neige de ces dernières semaines, tous les cours d’eau de la région de M’Chedallah sont en crue.
Un phénomène naturel qui durera jusqu’a la mi-juin, soit jusqu’à la fin du processus des fontes de neige. Ces ruisseaux et rivières prennent naissance au sommet de la chaine montagneuse du Djurdjura en drainant sur leur passage le surplus de l’eau non absorbé par la terre, avec un point de chute commun qui est Assif Sahel pour se mélanger aux eaux usées et finir la course en se jetant à la mer sur les côtes de Béjaïa.
Ces milliards de mètres cubes d’eau pure et limpide parcourent pour la totalité des cours d’eau sur plus de 30 km. Il s’agit, entre autres, des cours d’eau d’Assif Assemadh qui prend naissance à proximité du col de Tizi N’Kouilal, Assif Rana qui démarre à proximité du village Ath Oualvane, Assif Levaal et Assif Iwakuren qui descendent en parallèle à partir d’Izirouel pour faire jonction avec celui de Taghurfets Iroumyen avant d’atteindre Assif Sahel à Aharrach.
En amont, ces immenses quantités d’eau provenant des montagnes ne sont mélangées avec aucune impureté et ce n’est qu’arrivées à Oued Sahel qu’ils rentrent en contact avec les eaux usées. Ces quatre cours d’eau traversent la commune de Saharidj.
À l’Est de la daïra, on y retrouve Assif Aghvalou qui prend naissance à proximité du col de Tirourda pour prendre le nom d’Assif Tiksiridene dans la commune de Chorfa, avant d’atteindre Assif Sahel, cela pour ne citer que les principaux cours d’eau de la région qui ne tarissent que durant les trois mois de l’automne, soit entre août et octobre, et ce du fait de drainer sur leur passage tous les débits des ruisseaux et ravins de moindre importance et l’eau provenant des centaines de sources vives dont la plupart ne tarissent jamais. La totalité de ces cours d’eau traversent des zones montagneuses et forestières non habitées, donc en absence totale de facteurs polluants.
Des cuvettes naturelles filtrent en emmagasinant l’eau des montagnes
Sur leur passage, la nature a façonné en plusieurs endroits d’importantes cuvettes qui sont d’authentiques retenues collinaires qui peuvent chacune emmagasiner des millions de m3 d’eau pure prête à la consommation à l’état naturel sans aucun traitement. Nous pouvons citer à titre d’exemple la cuvette de Lainser Averkane à proximité d’Illiten et celle de Taghourfets Iroumyen où se rencontrent les deux cours d’eau Assif Levaal et Assif Iwakuren.
Ces deux immenses cuvettes façonnées naturellement et auxquelles ne manquait que des digues du côté inférieur sont surplombées des deux côtés par de hautes collines qui dépassent les 1 200 mètres d’altitude. Elles ont fait toutes les deux objets d’une étude par des équipes d’hydrauliciens tchèques dans les années 1980. Et leurs dossiers croupissent depuis dans les terroirs et classés sans suite. À Aghbalou, les citoyens ont tenté en 2016 d’aménager la cuvette naturelle d’Assif Aghvalou en faisant recours à des engins de travaux publics.
Hélas, l’envergure de l’opération dépasse de loin leurs moyens et les promesses faites à cette époque par les autorités à s’impliquer financièrement n’ont pas été tenues et le projet s’est retrouvé à l’eau. Notons pour conclure que la circonscription de M’Chedallah est la plus riche à l’échelle de la wilaya en ressources hydriques tant souterraines qu’en surface. Malheureusement, c’est elle qui souffre le plus des longues pénuries d’eau durant toute la saison sèche qui dure plus de six mois par année.
Ce secteur de l’hydraulique est le plus mal géré et le plus mal exploité au niveau de la daïra de M’Chedallah. À noter que plus de 80 % des citoyens de cette région alimentée en AEP à partir du barrage de Tilesdit ne boivent pas de cette eau.
Ceux qui ont les moyens mécaniques s’approvisionnent à partir des sources en haute montagne, alors que le reste achète de l’eau minérale. À quand donc l’inscription de quelques projets de retenues collinaires pour mettre fin au gaspillage de l’eau potable et aussi mettre fin à la soif de la population dans la plus riche région en ressources hydriques de haute qualité de surcroit.
Oulaid Soualah

