Les habitants des villages isolés, situés dans la commune d’Ighil Ali, n’en finissent pas d’endurer les affres de l’éloignement et du déchaînement des éléments de la nature.
Les dernières intempéries survenues, notamment la chute des neiges, ont mis dans tous leurs états les habitants des villages Tazla, El Kelaâ, Ath Seradj, Bouni et Belayel.
Ces bourgades, livrées à elles-mêmes, étaient carrément isolées du reste du monde durant plusieurs heures à cause de l’obstruction des chemins les desservant par les flocons de neige, tombée abondamment le week-end dernier dans ces contrées perchées à partir de 700 mètres d’altitude pour atteindre les 1 000 mètres, comme c’est le cas pour le village El Kelaâ, niché sur un immense rocher.
Ainsi donc, ces habitants se voient contraints de parcourir, les pieds dans la neige, des kilomètres entiers pour rejoindre la RN106 afin de prendre les rares transports en commun qui passent par là, et rejoindre par là même les localités soit de Theniet Ennasr dans la wilaya voisine de Bordj Bou Arréridj ou le chef-lieu d’Ighil Ali pour s’approvisionner en victuailles en particulier.
Cette situation qui harasse ces damnés se répète à chaque fois que le mauvais temps survient. Le blocage des chemins par la neige contraint pour leur part les élèves à se cloîtrer chez eux, comme c’était le cas pour ceux des villages Tazla et El Kelaâ jeudi dernier.
Aussi, il subsiste encore ce problème récurrent qui a trait à la chute des amas de pierres sur les tronçons abruptes et délabrés, notamment à El Kelaâ où un éboulis s’est produit, jeudi dernier, sur le chemin qui mène vers ce village historique, bloquant pendant une journée entière les villageois.
Le tronçon qui dessert ce village se trouve être l’un des plus anciens dans la région, en ce sens qu’il fut réalisé par l’occupant français vers la fin du 19e siècle, depuis c’est le seul chemin qui mène vers cette bourgade culminant à 1 000 mètres d’altitude.
Une étude pour la déviation de la section bordée de hautes et dangereuses falaises et de précipices profonds a été engagée il y a plus de 2 ans de cela, mais le projet n’est toujours pas lancé, regrettent les habitants de ce village qui fut, de l’an 1510 à 1871, la capitale du prestigieux royaume des Ath Abbas.
Syphax Y.

