TIZI-OUZOU – Fin de la grève des travailleurs – Enfin la reprise sur le chantier de la pénétrante

Les travailleurs du groupe algéro-turc ONE (Ozgun, Nurol, Engeoa) chargé de la réalisation de la pénétrante vers l’autoroute Est-Ouest devant relier Tizi-Ouzou à Bouira, ont suspendu avant-hier leur grève, entamée le 22 mars dernier. En effet, tous les chantiers avaient été bloqués durant plus d’un mois. Ce qui fait dire à certains responsables du groupe que non seulement le projet a pris encore du retard mais a engendré aussi d’énormes pertes aux entreprises.

À rappeler que ces travailleurs avaient exigé du groupe de revoir leur salaire de base, de leur accorder une prime de risques, d’améliorer la qualité des repas au niveau des bases de vie et surtout de leur accorder un préavis de trois mois avant chaque licenciement ou chaque fin de contrat d’une part, et de régler pour chaque travailleur licencié trois mois de salaire pour chaque année travaillée au sein du groupe, d’autre part.

Il est aussi à noter que depuis le début de cette grève pas moins d’une trentaine de travailleurs étaient passés devant les tribunaux de Draâ El-Mizan et de Lakhdaria (l’ex Palestro) pour entrave à la bonne marche des travaux et agressions à l’encontre de leurs homologues turcs. D’ailleurs, selon nos sources, les tribunaux ont, à chaque procès, condamné les «accusés» à reprendre le travail. Lundi dernier, une réunion ayant regroupé les représentants des travailleurs et les responsables du groupe ONE en présence de la Direction des Travaux Publics, de l’Agence de Développement des Autoroutes, du chef de daïra de Draâ El-Mizan et des représentants des services de sécurité a eu lieu au niveau de la base de vie de Draâ El-Mizan.

Au terme des discussions, beaucoup de points ont été satisfaits. «Presque toute notre plateforme a été satisfaite. Le seul point qui reste en suspens est celui relatif au préavis. Nos interlocuteurs nous ont promis de leur accorder au mois deux à trois mois pour prendre la décision. Nous pensons que le préavis de trois mois ne sera pas accordé parce qu’il faut dire que l’argent manque et que les responsables ne peuvent pas se projeter dans l’inconnu.

En tout cas, nous tenons toujours à ce point d’autant plus que nous avons le P. V de réunion où ont été consignées toutes les décisions prises. Nous estimons arracher au moins un mois de salaire par année travaillée», confiera un représentant des travailleurs. On croit savoir, par ailleurs, que les travailleurs recevront au moins le salaire de base pour ce mois non travaillé. «Le groupe ne peut assurer un préavis dépassant un mois et demi par année travaillée au sein du groupe. Il ne pourra pas indemniser 1400 travailleurs à raison de trois mois par année de travail. Il sera en faillite.

Et puis, il faut savoir que ce sont des contrats à durée déterminée. On ne peut donc garantir cela aux travailleurs. Ceux-ci doivent lire leurs contrats car à ce sujet la résiliation existe dans les clauses sans aucune autre condition», estimera une source proche du groupe. Cela étant, tout le monde souhaite que la sérénité revienne au sein du groupe afin de poursuivre ce projet structurant d’une importance capitale pour toute la wilaya. D’ailleurs, toutes ces entraves, dont les interminables oppositions exprimées ici et là, retardent davantage l’avancement du projet prévu pour être livré en mars 2020 alors que les délais contractuels initiaux ont déjà expiré en mai 2017.

Amar Ouramdane