Aït Ahmed, le testament de l’humilité

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C’est le troisième anniversaire de la disparition d’un grand homme, d’un politicien de haut vol, d’un héros strict, qui avait dès l’âge de 15 ans milité, d’abord au PPA puis au FLN. Il avait sacrifié une partie de sa vie pour l’Algérie et puis tout le Maghreb.

Il fut arrêté, en 1955, avec les 5 responsables de la révolution, mais continuait, depuis la prison, avec ses camarades détenus, à mener le combat pour l’indépendance. Il a été un révolutionnaire et un vrai, jusqu’à la fin. Cependant, Aït Ahmed n’était pas de ces opportunistes qui ont fait du combat des Algériens un legs juste pour eux et pour les leurs. Il a été patriote de bout en bout, il a refusé le pouvoir et ses avantages, il a refusé les places cossues, en même temps que leurs privilèges.

Il a pris sur lui de rester fidèle à un idéal sacré et s’est tenu, tout le long de sa vie, tant bien que mal, à son crédo. Sa famille refuse l’hommage que veulent lui rendre ses élèves et ses militants, pas par égoïsme, mais par obéissance à son testament. Il ne voulait pas de tombeau, ni de mausolée, ni d’hommage qui lui soit rendu par un quelconque parti politique, ni par l’Etat, ni par tout autre groupement, ni même par le FFS, son parti.

Le leader disparu a été on ne peut plus clair et net, en signifiant à ses partisans et sympathisants son refus de toute démarche post mortem le touchant. Il a été un grand par son militantisme, par sa vision prospective, par son idéal démocratique et par son approche des droits de l’homme. Ce fut un homme qui a donné à son pays tout ce qu’il a espéré et souhaité. Cet homme a laissé son testament, comme le font les héros, et il s’est remis entre les mains de l’éternité. Quoi que l’on dise, quoi que l’on pense, Hocine Ait Ahmed a vécu toute sa vie dans la lutte et il l’a finie comme il l’a commencée dans la simplicité.

S. Ait Hamouda

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