Accueil Évènement Trois marches pour commémorer deux Printemps

Trois marches pour commémorer deux Printemps

4293

La première marche, celle annoncée sous l’égide du MCB local, s’est ébranlée vers 10h du stade Bourouba pour rejoindre le siège de la wilaya. Sous une pluie battante, une centaine de marcheurs, avec à leur têtes un député et quelques élus de l’APW d’obédience RCD, ont scandé des slogans hostiles au pouvoir tout le long du trajet. Devant la wilaya, les acquis du Printemps berbère ont été abordés par le député du RCD et néanmoins ancien détenu d’Avril 80, qui rendra un vibrant hommage à Ferhat Mhenni. Un des élus APW de la même structure politique, s’en prendra vertement au pouvoir et reviendra sur les élections du 9 avril dernier qui seraient selon lui “une mascarade”. En se dispersant dans le calme et toujours sous la pluie, le carré a laissé place à une autre marche qui avait entamé le trajet du centre universitaire jusqu’au siège de la wilaya. Deux jeunes filles habillées en tenues traditionnelles kabyles ouvraient la marche. Derrière, des étudiants, près d’une centaine, scandaient “Assa Azeka, Tamazight tella tella !” En interrogeant un des étudiants si l’UGEL était à l’origine de cette marche, comme annoncée la veille, ce dernier nous répondra spontanément : « Ala, nekni macci d’l’UGEL, d leqvail. (Non, nous ne sommes pas de l’UGEL, nous sommes des Kabyles) ». Une réponse qui mettra fin à toute suspicion quant aux initiateurs de la manifestation.

Les étudiants rejoindront calmement le centre universitaire, tandis qu’un autre groupe de marcheurs avait commencé à défiler de la place publique de Bouira vers le siège de la wilaya. Ce carré était composé d’ex-délégués et porte-parole du mouvement des aârchs.

Les trois marches pour célébrer les deux printemps de 1980 et 2001 n’auront hélas pas su mobiliser autant de monde qu’auparavant. La pluie qui s’est abattue sur la ville de Bouira, était-elle la cause de ce manque d’engouement? Peut être pas lorsqu’on sait que le 12 janvier dernier, les intempéries étaient également au rendez-vous, mais cela n’avait pas empêché les marcheurs de commémorer Yennayer en battant le pavé massivement.

Hafidh B.