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YOUCEF OULD MOHAND, conservateur des forêts de Tizi-Ouzou, fait le point sur les incendies

«La mafia du foncier pointée du doigt»

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Le bilan est très lourd concernant les dégâts engendrés par les feux de forêts qui n’ont épargné pratiquement aucune commune de la wilaya de Tizi-Ouzou, surtout depuis une dizaine de jours.

Lors d’une conférence de presse animée hier, Youcef Ould Mohand, directeur de la conservation des forêts de la wilaya de Tizi-Ouzou, a tiré la sonnette d’alarme tout en pointant un doigt accusateur sur ce qu’il a qualifié de la mafia du foncier et qu’il pense être à l’origine d’une grande partie de ces incendies de forêts ainsi que de la «désinformation» qui entoure ce phénomène, notamment sur les réseaux sociaux.

L’orateur a donné d’abord un bilan des dégâts occasionnés par les incendies de forêts enregistrés dans plus d’une vingtaine de communes de la wilaya de Tizi-Ouzou. Il a précisé que pas moins de 1 450 hectares de différentes sortes de végétations sont partis en fumée. Au total, pas moins de 167 incendies (départs de feu) ont été enregistrés, et ce du 1er juin au 24 juillet dernier. Certains incendies ont été d’une grande intensité que les éléments de la Protection civile et tous les autres intervenants (les citoyens, les services concernés dans les APC, la conservation des forêts…) ont pris plusieurs jours pour endiguer ces feux comme c’est le cas de l’incendie gigantesque qui s’est déclaré, il y a une semaine, dans la région de Tifra près de Tigzirt-sur-mer ou encore celui s’étant déclaré à Tala Guilef.

Ce dernier a nécessité même des moyens aériens pour circonscrire les flammes. Quant à l’origine de ces feux de forêts, le directeur de la conservation des forêts de la wilaya de Tizi-Ouzou a été catégorique concernant l’origine criminelle d’un certain nombre d’entre eux. C’est le cas de celui qui a ravagé le parc national du Djurdjura à Tala Guilef. Le conservateur des forêts de la wilaya de Tizi-Ouzou a révélé que la preuve que ce feu a été déclenché volontairement par une main criminelle, c’est le fait que cet incendie ait eu comme point de départ une zone humide.

Le même responsable a aussi cité d’autres communes où les incendies déclenchés sont très probablement d’origine criminelle. C’est le cas des feux de forêts ayant eu lieu ces derniers jours dans les massifs forestiers des communes de Tigzirt, Ait Chafâa, Azeffoun, Mizrana et Iflissen. La remarque à faire concernant ce détail c’est qu’il s’agit de localités situées dans deux daïras à vocation estivale. L’orateur a étayé ses accusations en arguant que l’objectif visé par les auteurs de ces incendies n’est autre que de squatter le foncier.

Le responsable en question a, en outre, déploré la campagne de désinformation qui est actuellement menée sur les réseaux sociaux et visant à amplifier au maximum l’ampleur des dommages occasionnés par ces incendies de forêts mais aussi à faire croire à l’opinion publique que les services concernés (la Protection civile et la conservation des forêts) ne font rien pour arrêter ce déluge de feux. Il faut préciser ici que certaines parties, via les réseaux sociaux, n’hésitent pas à aller jusqu’à «politiser» la question des feux de forêts.

Hier donc, le conservateur des forêts de la wilaya de Tizi-Ouzou a tenu à remettre les pendules à l’heure en démentant formellement les rumeurs qui évoquent des pertes énormes de singes lors des incendies en question. «C’est faux», a répliqué avec certitude le même responsable. Aucune trace (ossements ou autres indices), pouvant confirmer cette thèse, n’a été retrouvée, selon l’intervenant. Ce dernier a indiqué que les photos qui circulent sur les réseaux sociaux à ce sujet n’ont pas été prises en Algérie. La preuve, si besoin est, c’est qu’en Algérie, seul le singe magot est répertorié dans notre pays.
Aomar M.