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Démission du Président Abdelaziz Bouteflika

Un soulagement unanime en attendant la suite

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Aussitôt annoncée, la démission de Bouteflika a fait réagir la classe politique nationale et la communauté internationale.

L’hommage du MPA «à l’ANP pour sa position patriotique»

En réponse aux marches populaires imposantes et pacifiques de ces dernières semaines et qui revendiquaient le départ du Pré-sident de la République et le changement du système, le vice-ministre de la défense nationale et chef d’état-major de l’ANP a appelé à l’application des articles 7, 8 et 102 de la constitution afin de satisfaire les revendications du peuple. Le Président de la République a pris la sage décision de mettre fin à son mandat en présentant sa démission au président du conseil constitutionnel.

Le MPA prend acte de cette décision et salue le travail accompli par le Président de la République au cours de ces vingt dernières années. Le MPA tient à rendre hommage à l’institution militaire pour sa position patriotique et républicaine. L’ANP a toujours su être au service de la nation en payant un lourd tribut pour la sauvegarde de l’Algérie notamment dans la lutte contre le terrorisme.

A l’instar de l’ANP, le MPA considère qu’une transition constitutionnelle par l’application des articles 7, 8 et 102 est la seule solution qui permette de respecter la légalité. Le MPA souhaite que cette transition soit apaisée et débouche sur une élection présidentielle libre et transparente qui demeure l’unique issue politique et démocratique pour l’instauration de la nouvelle République à laquelle aspire légitimement le peuple algérien».

Le RND «salue la contribution de l’armée»

«Le RND a accueilli avec satisfaction la démission du Président Bouteflika», lit-on dans un communiqué rendu public hier. Le parti d’Ahmed Ouyahia, «salue la contribution de l’armée à l’aboutissement de cette solution constitutionnelle» et «soutient l’application des articles 07, 08 et 102 de la Constitution, pour régler la crise politique du pays et répondre aux revendications populaires, mais aussi pour préserver la stabilité du pays et sa sécurité», conclut-le communiqué.

TAJ : «Un pas important vers une sortie de crise»

Le parti d’Amar Ghoul (TAJ) a lui aussi réagi dans la nuit d’avant-hier, dès l’annonce de la démission de Boute-flika. «Taj salue la démission du Président Bouteflika et la considère comme un pas important et une sortie constitutionnelle pour l’application de l’article 102 accompagné des articles 07 et 08 comme préconisé par le commandement de l’armée nationale», lit-on sur le communiqué.

«Taj rend hommage au Président Bouteflika, reconnaissant tous ses sacrifices au service de la nation», ajoute-t-il. Taj salue, en outre, «le rôle principal de l’armée dans la réponse aux aspirations du peuple algérien et dans la concrétisation de changement demandé, tout en préservant le pays des dérives». Taj appelle «à faciliter l’application des articles 07, 08 et 102 et à privilégier l’option du dialogue».

Ali Benflis : «Un épilogue de deux décennies gâchées»

Pour l’ancien Premier ministre, «la démission de Bouteflika est l’épilogue affligeant de deux décennies d’un immense gâchis». Benflis réclame «le départ des trois B : Bensalah, Belaiz et Bedoui», en remerciant «le peuple et l’armée, pour avoir réussi à venir à bout d’un des régimes politiques les plus désavoués et les plus décriés de l’Algérie indépendante», expliquant que «le peuple algérien vient de clore l’un des chapitres les plus sombres de l’Histoire de notre pays, mes toutes premières pensées vont à nos concitoyennes et à nos concitoyens qui ont été les artisans d’une révolution populaire pacifique qui nous a restitué notre fierté nationale et fait l’admiration du monde».

«Toutes les générations à venir reconnaîtront à cette génération une place à part pour avoir mis le pays sur la juste voie de l’édification d’un Etat de droit sur la base de la souveraineté du peuple, de l’égalité citoyenne et du respect plein et entier des libertés et des droits», se réjouit Benflis, tout en rendant aussi hommage à «l’Armée qui, en cette difficile épreuve que vit notre pays, s’est positionnée dans le camp du peuple».

«Si le peuple lui-même a été l’artisan de sa révolution démocratique, l’Armée Nationale Populaire a aidé à l’aboutissement apaisé, serein et pacifique de sa toute première phase », souligne-t-il. «Les premiers pas vers la sortie de l’impasse politique, institutionnelle et constitutionnelle viennent d’être faits, mais le chemin de la refondation et de la reconstruction reste encore long», note-t-il, estimant que « sur ce chemin, il y a encore des bombes à retardement que l’ancien régime et ses alliés extraconstitutionnels se sont ingéniés à multiplier et qu’il s’agit maintenant de désamorcer les unes après les autres».

Et d’enchaîner : «La Présidence de l’Etat devra revenir à une ou à des personnalités irrécusables». «Il y a un Gouvernement discrédité et désavoué avant même sa formation qu’il importe de recomposer. Il y a un Conseil Constitutionnel dont la présidence a pris fait et cause pour l’ancien régime et dont il faudra traiter le cas de manière compatible avec toutes les exigences d’une bonne tenue de la prochaine échéance présidentielle», souligne-t-il.

«Il faudra soumettre la préparation, l’organisation et le contrôle de cette échéance à des mécanismes acceptables pour tous», pense Benflis, pour qui «la préparation de cette échéance représente la première épreuve de vérité pour la refondation et la reconstruction du nouveau système politique national. C’est d’elle que dépend un bon ou un mauvais départ. C’est d’elle aussi que sera tributaire la solidité des bases de ce nouveau système politique national. Et c’est à elle, enfin, que le sort de la révolution démocratique pacifique est intimement lié».

Abderazak Makri (MSP) : «Il n’y a pas eu de coup d’état»

«L’essentiel c’est que l’ère Bouteflika est réellement révolue», écrit le président du MSP sur sa page Facebook. «Etant moi-même médecin, je n’arrive pas à croire que Bouteflika était dans le coma et sous respiration artificielle, pour apparaitre quelques heures plus tard, assis et tenant les documents de démission !

Ces images prouveront à l’opinion internationale qu’il n’y a pas eu de coup d’Etat. Maintenant, si cette trame théâtrale libérera l’Algérie et les Algériens, qu’elle soit la bienvenue, mais si le résultat est la poursuite de la ruse et de la trahison pour l’accaparement du pouvoir et la pérennité de la corruption, cela se saura en tout cas», poursuit Abderazak Makri.

Synthèse de H. K.