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CONSEIL DES MINISTRES - Dysfonctionnements dans la gestion des Zones Industrielles

Urgence à «mettre de l’ordre»

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Multiplication des instances en charge de la gestion du foncier industriel, système juridique contradictoire… Sont les, entre autres, dysfonctionnements relevés par le ministre de l’Industrie et des mines lors du Conseil des ministres d’avant-hier.

Ferhat Aït-Ali Braham n’a pas hésité à mettre, enfin, le doigt sur quelques dysfonctionnements, parmi tant d’autres, qui ont freiné l’investissement et l’exploitation rationnelle et objective des zones d’activités et zones industrielles. La multiplication de ces dernières n’a rien changé à la donne, puisque la quasi-totalité des assiettes et lots avaient été cédés sans la moindre garantie d’investir. Avant-hier dimanche, le ministre a préconisé plusieurs mesures pour traiter ces dysfonctionnements, dont la création d’une instance nationale chargée du foncier industriel, la récupération des assiettes non exploitées et la mise en place d’un programme urgent de réhabilitation, outre l’adoption d’une approche différente et l’aménagement de nouveaux espaces pour le foncier industriel, a indiqué le communiqué du Conseil des ministres présidé par Abdelmadjid Tebboune. Ferhat Aït-Ali Braham a également proposé «un plan de révision de l’organisation des zones industrielles à travers la création de micro-zones industrielles dédiées à la micro-entreprise et à la start-up, la mise à leur disposition des usines de l’État non exploitées et leur association à l’aménagement et à la gestion des zones industrielles (électricité, eau et pollution) ainsi que l’ouverture d’un guichet des Fonds de leur financement, le lancement d’activités intersectorielles pour favoriser l’émergence de l’économie de la connaissance, la création d’incubateurs publics et privés au niveau des zones industrielles et en fin confier aux micro-entreprises et start-up la gestion progressive des zones industrielles à travers des systèmes informatisés». Dans son intervention, Tebboune a instruit son ministre de l’Industrie de privilégier l’assainissement du foncier industriel existant «avant de réfléchir à la création de nouvelles zones industrielles».

Le président de la République a souligné à ce propos que «le plus important est l’industrialisation qui crée la richesse et l’emploi», ordonnant dès lors l’interdiction de l’octroi du foncier industriel à ceux qu’ils qualifient d’aventuriers «pour ne pas reproduire les erreurs du passé et protéger le parc foncier national». Abdelmadjid Tebboune a, ensuite, exhorté le ministère de la Micro-entreprise, des startups et de l’économie de la connaissance à tirer avantage des expériences des pays développés en la matière pour la création d’un maximum de start-up, à mettre à profit les zones industrielles non-exploitées et à promouvoir les zones d’activité, étant les plus proches de la réalité des communes. Il a, en outre, instruit ce ministère d’«entamer immédiatement la réalisation de ses projets, d’investir le terrain en conciliant entre le possible et le faisable». Autres mesures prise par le chef de l’État en faveur des start-up sont, entre autres, le rattachement du parc technologique de Sidi Abdellah au ministère de la Micro-entreprise, des start-up et de l’économie de la connaissance (MMSE), alors qu’actuellement il est toujours sous tutelle du ministère de la Poste et des télécommunications. Aussi, «le recours à la sous-traitance avec l’étranger est interdit sauf s’il s’agit de matériel développé non disponible en Algérie», a ordonné le Président, expliquant que «l’objectif est la mise au point d’une technologie algérienne par de jeunes compétences algériennes». Il a appelé le ministère de tutelle à se libérer des pratiques bureaucratiques, à faire prévaloir le bon sens en matière de transactions commerciales, à faire preuve de renouveau et d’innovation et à initier l’organisation de Salons. Tebboune a aussi instruit d’introduire dans la loi de finances complémentaire des mesures fiscales incitatives au profit des entreprises garantissant des postes d’emploi.
M. A. T.